MOUVEMENT SOCIAL « Aussi lui accorde-t-il, en sus <le son salaire, <les allocations mensuelles ou annuelles, et des primes à l'occasion de son mariage ou de celui de ses enfants, cérémonie à laquelle il se fait souvent un devoir d'assister, témoignant ainsi de l'intérêt qu'il porte à la situation matérielle de son ouvrier. « On comprend dès lors que la grcve soit chose inconnue chez les fellahs égyptiens. Le travailleur, une fois établi sur la ferme, ne songe qu'à y rester et à y créer une famille. « Nous allons pénétrer maintenant dans un intérieur d'ouvrier égyptien. (( Le premier souci du- fellah est de posséder une ânesse qui lui servira à porter diverses choses dont il tirera profit en vendant les petits, un bœuf ou une vache pour labourer ou tourner la meule, car les chevaux sont rares et n'ont ni la force ni la patience du bœuf, surtout dans un pays ou la chaleur est accablante. Sa femme va vendre sur les march~s le beurre et le fromage fait avec le lait de ces animaux. Si le fellah n'a pas d'argent pour acheter une Yache, le propriétaire le lui avance. En ce cas, l'ouvrier lui doit compte, à la première vente des produits de l'animal, de la moitié de la somme déboursée et fournit la nourriture. Le fumier mélangé avec de la paille et séché fournit en outre un excellent combustible et sert a engraisser les terres. C'est la femme qui préside au travail du ménage : au besoin, elle aide à son mari pour la culture. (< Le fellah vit au jour le jour, sans soucis. Il se nourrit d'orge et de maïs, ne boit pas de vin et ne connait pas les besoins engendrés par le luxe de la civilisation d'Europe. Pour tous vêtements, une ou deux chemises et un manteau de laine qu'il porte jusqu'à usure complète. Le climat d'Égypte permet cette simplicité rustique, et puis le fellah s'habitue vite à cette existence de pleiri air; il s'aguerrit contre la chaleur et contre le froid. (< Croyant à la puissance de Dieu, le fellah cherche à avoir beaucoup d'enfants dans le but de perpétuer sa race et d'augmenter la population musulmane, conformément à la loi du Prophète. Il épouse d'ordinaire deux ou trois femmes pour qu'elles lui donnent le plus d'enfants possible. Car· telle est la raison morale de la polygamie qu'elle est destinée à porter remède aux désordres qui pourraient résulter de l'excès considérable du nombre des femmes sur celùi des hommes. Il faut dire, au reste, qu'elle·est pratiquée aujourd'hui exclusivement par les classes inférieures de la société. • « Les enfants sont un élément de prospérité, car ils aident beaucoup à leur père. Dès l'âge de sept ans, on les emploie· a la garde des troupeaux. Plus tard, on les marie et l'on utilise ainsi les services de la belle-fille. Les filles sont r:iariées le plus tôt possible, à l'âge de neuf 16
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