La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE loué 2 50 piastres égyptiennes ( 65 fr.). Cette remise de moitié. constitue son salaire. Au prix de c~t avantage, l'ouvrier est, pendant l'année de fermage, à l'entière disposition du propriétaire; qui, en cas de nécessité, peut l'employer à la journée à. raison de 1 à 2 piastres égyptiennes (50 centimes). Le montant du salaire à lui dû est imputé sur le prix• du fermage qu'il païe. « Enfin, nous. trouvons un mode de travail encore plus simple. Les ouvriers s'engagent à fournir au patron, en outre de leur travail, les bestiaux, les instruments aratoires, les semences, les engrais, en échange des deux cinquièmes de. tous les produits et de la moitié du maïs. Le bénéfice réalisé est partagé entre eux. « II. Haute Egypte. - Bien différente est ici la situation de l'ou-. vrier agricole. Tout propriétaire d'une ez..beb a des ouvriers qui '1iennent s'y établir de leur propre gré. Pendant la crue du Nil, c'est-a-dire pendant plus de deux mois, la majeure partie des terres productives de la haute Egypte sont couvertes par les eaux. La terre acquiert pendant' cc temps une fertilité exceptionnelle et un rendement considérable. Les parties du sol drainées et mises e1r culture se nommept rnalah. Pour régler les crues, on a eu récemment l'idée de faire construire des digues permettant d'isoler les propriétés et de les arroser au fur _età, mesure des besoins. Les terrains sont alors_dans la hocba. Le gouvernement s'efforce de mettre peu a peu dans la hocha toutes les terres cultivables de la haute Égypte. «. L'ouvrier des terres malaks reçoit des habitants du sol un. salaire de 7 a r 2 piastres égyptiennes par feddan, selon la fertilité de: ces terres et !eur situation, pour bêcher et ensemencer. Les labours, sont faits à la journée a raison de 3 i 4 piastres égyptienn~s. Les produits récoltés sont attribués pour un cinquiéme à. l'ouvrier ,cultivateur. » « L'ouvrier·· agricole égyptien vit tou joms en bonnes relations·, avec son patron, qui, d'ailleurs, le traite avec égards. Il s'attache à ses· intérêts, est docile, respectueux de sa personne, en un mot il. lui est· entièrement dévoué. Les causes de conflits qui s'élèvent, chez les Français, entrG les ouvriers et les patrons, n'existent pas ici. Il peut bien· s'élever parfois des différends entre le fellah (ouvrier de la culture) et. le nafir ou mansour, représentant du patrôn nommé par celui-ci pour administrer ses d0maines; mais l'entente ne tarde pas à.s'établir, car le· propriétaire penche la plupart du temps du côté de.l'.ouvrier, qu'il considère comme son véritable collaborateui: direct. - , -

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