MOUVEMENT SOCIAL 2 39 (c Les conditions du travail sont les mêmes pour les_ouvriers .des grandes administrations : domaines de l'État, warfs, Daïra-sanieh, que pour ceux de$ particuliers. (( Le propriétaire de ,100 feddans doit nécessairement. avoir prés de ses terres une ebzeh. On appelle ainsi un vaste établissement destiné à conserver les ustensiles aratoires et à emmagasiner les récoltes, les denrées, le coton, bref tous les produits agricoles. Cet établissement, plus connu en Égypte sous le nom de da war, est entouré de quelques maisonnettes que fait construire à ses frais le propriétaire pour y loger des ouvriers appelés tamallieh, c'est-à-dire employés à perpétuité sur le domaine. (( Il convient> maintenant de distinguer la situation de l'ouvrier agricole dans la basse et .dans là ·haute Égypte, car elle différe beaucoup. (c I. Basse Egypte. - On peut diviser les ouvriers en quatre caté_ gories : (c 1° Dans certains cas, le propriétaire occupe les ouvriers à la journée, à raison de 3 à 4 piastres égyptiennes (la piastre égyptienne vaut 25 centimes); mais ce mode est rarement employé, car le salarié est d'ordinaire, dans cette partie de l'Égypte, un étranger, un nouveau venu, qui ne connaît ni la valeur culturale de la terre, ni les procédés d'exploitation en usage. Aussi le propriétaire prefére-t-il faire travailler les habitants des fermes qui entourent son domaine. Ceux-ci connaissent mieux la culture et ·tirent un meilleur profit des,terres. C'est ainsi que sont cultivés le blé, l'orge et" les féves. Chaque ouvrier est payé en nature et garde pour lui 5 °/o du produit récolté. (( 2° D'autres fois le propriétaire fait cultiver les terrains pour son propre compte. Il fournit alors à l'ouvrier les bestiaux, les instruments aratoires, les semences, bref tout ce qui est nécessaire à l'exploitation·.' Les ouvriers travaillent toute l'année sans toucher de salaires en argent. Voici comment ils sont payés: ils labourent, ensemencent et récoltent les céréales; puis, à la fin de l'année, ils touchent le cinquiéme des prodûits autres que le maïs, dont le prnpriétaire leur abandonne le quart, cette céréale étant leur seule nourriture, sous forme· de pain .. Si, au cours de l'année, ils ont .besoin de quelque argent ou de quelques céréales, le propriétaire les leur avance à titre de prêt, sans intérêt, quitte à en prélever le montant sur la récolte future, L'impôt· foncier est toujours à la charge du propriétaire. : (c 3° Chaque ouvrier peut recevoir èn location de un• à deux _feddans, suivant ses capacités et ses ,aptitudes au travail. Cette location est réduite de 50 °/ 0 sur le prix .normal. du fermage: Ainsi, -le feddan, qui se loue d'ordinaire 500 piastres égyptiennes (-1-;o, fr.} par -{ln)-hü-·est·
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