L'UNIQUE INSTITUTION 225 avenir, infini -comme le monde, pourvu que nous ayons le cœur et l'héroïsme nécessaire, - ce que, grâce au ciel, nous aurons : Ne demeure pas en-place, fixé, enraciné, Aventure-toi avec ardeur, pars errer avec ardeur; Partout où tu les porteras, ta tête et tes bras Et ton cœur vaillant seront en leur patrie. En quelque contrée que le soleil nous visite, Nous portons avec no'us notre ardeur ·quoi qu'il advienne, C'est afin que nous ayons la place d'errer au travers Que le monde a été fait si vaste. GCETHE, Wilhelm Meister. Il y a de cela quatorze cents ans, ce fut grâce à un considérable « service d'émigration », n'en doutons pas, a de nombreux enrôlements, a des discussions, a un appareil compliqué, que nous-mêmes nous avons abordé en cette îlè remarquable, pour y arriver aux difficultés actuelles p;vmi tant d'autres! Il est vrai, la législature anglaise, comme les habitants de l'Angleterre, est d'un caractère lent, essentiellement conservateur. Dan~ nos périodes les plus agitées de réforme, même pendant le long· Pàrlement, on remarque toujours une tendance invincible a s'en tenir au passé; à admettre le minimum de nouveau; a donner, s'il se peut, a telle vieille habitude, telle vieille méthode reconnue utile auparavant, un·e nouvelle expansion correspondant au besoin nouveau. C'est une tendance qui nous. fait honneur; c'est la condition de toute force et de toute sagesse. L'avenir, grâce a elle, n'est pas séparé. net• du passé, mais continuellement basé sur lui; il a, pour se développer, toute la vitalité du passé, il plonge de profondes racines dans le commencement de notre histoire. La législature anglaise répugne entièrement à croire en les« nouvelles époques ». La législature anglaise ne s'occupe pas des époques; elle a certes autre chose à faire que de regarder l'horloge du temps et d'écouter son tic-tac! Néanmoins, en fait, les nouvelles époques arrivent et avec elles de nouvelles, impérieuses nécessites péremptoires; si bien que la législature anglaise elle-même est obligée de lever les yeux et d'admettre, quoique avec répugntnce, que l'heure a sonné. Puisque l'heure a sonn,é, ne disons pas « impossible » : il faudra que cela devienne possible! - « Les ha.!_Jitudesdu gouvernement seraient contraires a celles du Parlement? » Oui, c'est vrai; mais aucun Parlement ou gouvernement s'est-il jamais trouvé jusqu'ici en présence d'une année 1843? L'époque, l'année que nous traversons est une des plus originales, elle est sans exemple ; en bien des points importants elle diffère totalement de toute autre ! Car le temps marche, vorace, féroce : et les sepr dormeurs,se r~veiJ.la.ùtaffa-
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