La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

226 LA REVUE SOCIALISTE més après un sommeil de cent ans s'aperçoivent que ce n'est pas leurs vieilles nourrices qui peuvent maintenant leur donner à téter! Quant au reste, le Parlement, l'aristocratie, la millocratie ou un membre quelconque de la classe dirigeante seront sages de ne pas condamner d'un air triomphant cc modeste exemple de « mesures curatives »; qu'ils ne demandent plus, avec humeur, à celui qui écrit ces pages : Que faut-il faire? Comment résoudre cet alarmant problème des classes ouvrières? Ceux qui écrivent, tout d'abord, ne sont pas là pour vous dire comment. Un certain d'entre eux remercie le Ciel de ce qu'il ne reçoit pas troi.s cent mille livres par an, ni deux cent mille, ni même vingt mille; ni toute autre somme pour vous apprendre le comment; - mais de ce que son salaire soit tout diffèrent, sa besogne quelque peu plus appropriée à son goût. La besogne qui incombe à l'écrivain, c'est de t'apprendre, à toi, qu'il faut que la chose se fasse. La « manière d'arriver à ce qu'elle se fasse », c'est d'essayer en songeant qu'il faudra que tu meures si elle n'arrive pas à être faite. Voilà un dos nu, voilà un morceau d'étoffe; il faut que tu me tailles un manteau pour couvrir le dos nu, toi dont c'est le métier. « Impossible? » Infortunée fraction de l'humanité, aperçois-tu la fatalité, écartant à demi ses voiles dans les ténèbres de l'avenir, la Yois-tu là avec ses cordes de gibet, ses lanières de fer, l'enfer authentique de Tailor (r), qui attend p.our voir si c'est «possible». Allons, sors tes ciseaux et coupe-moi ou ce manteau ou ta propre gorge! CARLYLE. (Traduction de Camille Bos.) .,(r) Tel q uc Jérémie Tailor le dép<;igoa.it,

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