224 LA REVUE SOCIALISTE l'Ouest, dans lesquelles il pourrait, plus au large, s' « organiser» Lfu travail pour lui-même. Là-bas, cet homme serait une vraie bénédiction, il ferait pousser du blé nouveau qu'il exporterait chez nous, il importerait dans son pays nos cognées, nos tissus nouvellement fabriqués et il nous quitterait du moins en bons termes plutôt que de rester ici pour y être une force physique parmi les chartistes, malheureux et sans contribuer à nous_ rendre heureux! N'est~il pas scandaleux de considérer qu'un premier ministre ait pu lever en une année, ainsi que je l'ai vu faire, cent vingt millions de livres sterling pour faire la guerre aux Français, tandis que faute de la centième partie-de cette somme, nous sommes arrêtés net sans pouvoir continuer de nourrir la population anglaise? Maintenir vivants les corps anglais et maintenir vivantes les âmes anglaises: deux «services», un service <l'éducation et un service d'émigration, voilà, avec d'autres, cc qui demande aujourd'hui à être organisé. Un pont libre pour les émigrants : nous serions alors sur un pied d'égalité avec l'Amérique elle-même, le plus favorisé de tous les pays qui n'ont pas de gouvernement; et nous conserverions, en outre,quantité de traditions et de souvenirs de choses infiniment précieuses que l'Amérique a rejetées. Nous pourrions procéder délibérément à« organiser le travail », nous ne serions plus condamnés à pé~ir si cc n'est pas-fait au bout d'un an et un jour; tout travailleur <lebonne Yolonté qui serait jugé superflu trouverait, en effet, lm pont de bateau à sa disposition. Il faudra absolument quc cela se réalise, le temps· est gros Je ce fait. Notre petite île est devenue trop· étroite pour nous; mais le monde est encore assez large pour d'ici à six millions d'années. Les débouchés assurés de l'Angleterre seront dans de nouvelles colonies d'Anglais semées dans toutes les parties du globe. Tous les hommes négocient avec tous les hommes, quand cela arrange les uns et les autres; ils sont même tenus par le créateur de tous les hommes d'en agir ainsi. Nos amis les Chi1i0is, qui s'étaient rendus coupables du refus de négocier, en pareilles circonstances, n'avons-nous pas dù discuter avec eux, finalernent sous forme de coups de canon, pour les convaincre qu'ils. devaient négocier? Des « t:uifs hostiles » surgirorit pour nous chasser, puis disparaîtront pour· nous laisser rentrer : mais les fils <le l'Angleterre, ceux qui parlent h langue anglaise, si rieù d'autre ne les rapproche, ceux-là; en tous tqmps, auront une prédispà~ sition indcracinable :'t négocier avec l'Angleterre. Mycale fut jadis le Pa.ILIo11io11, le rendez-vous de toutes .les tribus· d'Ionie, pqur la Grèce d'alors : pourquoi Londres ne serait-il pas _longtemps encore le home de fous les Saxom, le, rendez-vous de tous les .« enfants des.roc~ dù Harz », qui arriveraient là, par échantillons choisis, des antipodes ét d'ailleurs, par bateau et. autrement poûr ,y passer la « ~aison » ! QucJ
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