La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

18 LA JŒVUE SOCIALISTE Une fois qu'on a établi de la sorte le nombre des co-partagcants et la somme des produits à partager mesurée par la somme des heures de tra,·ail qui ont servi à les créer, une simpk diYision du dernier chiffre par k premier donne le reve111111or111a0l 11moyw de chaque individu. Il n'y a plus, aprés cela, qu':\ opérer la répartition au prorata_des heures de traYailaccomplies par chacun et k reYenu de chacun devient alors, suivant le coefficient de son métier, égal, inférieur ou supérieur, mais toujours dans des limites fort restreintes (r) au revenu normal. C: rc,·cnu est toujours suffisant et plus que suffisant, puisque la somme de traYail a cté calculée de façon à satisfa_ire,non seulement les besoins essentiels, mais les autres. Et de plus il doit être grossi de la quantité des jouissances que la socicté offrira gratuitement à tous ses - membres. Le re\·enu de chaque individu se compose donc, à \Tai dire, de deux parties : 1° d'une somme de jouissances qui sont collectives en ce sens qu'il les partage avec tous les membres de la société; 2° d'une somme de jouissances personnelles qui est proportionnelle i son travail personnel. Ces régies générales posées, il reste pourtant quelques cas particuliers qui méritent attention. Quelle part de revenu sera accordée à ceux qui n'auront pas travaillé? Le montant en peut Yarier scion la genérosit<.'.:Je la nation. Elle seule peut le fixer. ~lais, comme tout le monde a intérêt à ce que vieillards et enfants soient bien traités, comme toute famille est aussi exposée qu'une autre à arnir ses malades et ses infirmes, la lésin~rie est peu à craindre en pareille matiére. Quant à ceux dont les services ne se traduisent pas en produits. palpables, la rémunération peut être, la plupart du temps, calculée d'aprés les mêmes principes que celle des autres travailleurs. Il est facile, par exemple, de compter les heures de travail d'un employé de chemin de fer comme celles d'un ouvrier d'usine. li est facile aussi de dcterminer, d'aprés le rapport du tra\'ail offert au traYail demandé, le coefficient spécial qui donnera sa valeur définitiYe à l'heure de cet employé. Sans doute il peut subsister encore quelques di(ficultés <le détail. On peut se demander si, pour calculer les heures de travail du professeur, on prendra seulement l'heure de la lecon l'heure brute pom· , ' ' ainsi dire, ou, si l'on y ajoutera, comme il serait juste, les heures de préparation. On peut se demander comment il sera possible d'éYalucr

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