La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE RÉGIME SOCIALISTE les heures de travail d'un médecin ou d'un pompier, de tous ceux qui ont a la fois des occupations discontinues et l'obligation de se tenir en permanence à la disposition du public. li me paraît que pour.les professions de ce genre la société pourra et devra intervenir. Imposant, comme de nos jours, des conditions de capacité qui seront de nature a réduire le nombre des concurrents, elle aura par la même 1~ droit de fixer directement par son vote des honoraires qui seraient autrement trés difficiles à évaluer. On peut en dire autant des savants, des artistes, des inventeurs. La valeur souvent énorme des résultats de leur labeur ne pouvant se mesurer au temps qu'ils auront coûté, la société sera toujours libre d'encourager une activité si précieuse pour elle, en leur octroyant largement les moyens d'existence et de travail, en leur assurant des loisirs féconds et heureux comme a des êtres rares ayant bien mérité de la nation. La société, par les primes qu'dlc offrira ainsi au travail vraiment créateur, décidera elle-même des progrès qu'elle voudra réaliser et du rang qu'elle voudra occuper parmi les peuples ciYilisés. 4. Ec/Ja11get distrib11tio11. - La rémunération des travailleurs réglée (et c'est le point capital), il faut encore dire quelques mots du mécanisme de l'échange et de la distribution. • La société met en circulation ,une somme de bo11sociaux correspondant a la somme des heures de travail représentées par la somme des produits :'t distribuer. Ces bons sont, par les soins de èhaque corps de métier, répartis entre les travailleurs de cc métier. Ils sont personnels, nominatifs, incessibles, et ils expirent avec celui qui en est titulaire. Chaque travailleur a son carnet, son compte-courant, pour ainsi dire, où sont marqués d'une part ce qu'il a droit dé réclamer et d'autre part ce qu'il demande au fur et a mesure de ses besoins. Les bonssociaux deviennent ainsi une monnaie de valeur in\'ariable et garantie par des produits existant réellement en magasin. Ils remplacent avec avantage en cet office l'or et l'argent qui ont toujours cet incorrigible défaut d'avoir deux valeurs différentes, l'une réelle et l'autre nominale, puisque les métaux précieux sont en même temps une marchandise soumise aux variations de l'offre et de la demande et une matiére monétaire devant a la loi une fixité de prix toute conventionnelle ( r). Oü ces bons s"üciaux pourront-ils s'échanger contre cc qu'ils représentent? Plus de boutiques innombrables et concurrentes, oü (1) Il se peut que l'or serve encore à parfaire la différence ou, comme on ,lit, it faire ln soulte dans les échanges internationaux.

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