La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

2 T ' ' - LA REVUE SOCIAJ.ISTE cas échéant, ses collegues ne se montrent pas beaucoup plus scrupuleux que lui. « Pourquoi se gêneraient-ils, puisqu'en dehors du cas de mensonge patent ou immédiatement constatable, qui ne se présente pour ainsi dire jamais, ils sont, de par le scandaleux privilège dont ils jouissent, toujours crus en justice ou que du moins il faut, pour détruire leur témoignage, recourir a la difficile procédure de l'inscription en faux? Les gardes mentent systématiquement parce que le grand nombre de condamnations obtenues rend leur tâche plus aisée et les maîtres inclinent plutôt a encourager cette pratique parce qu'ils y trouvent également leur profit. Il y a là un abus criant contre lequel s'est déja bien souvent élevée la presse. » Cc qu'on ne nous dit pas, c'est si le président, qui a été cette fois a la hauteur de sa tâche, a fait commencer des poursuites contre le garde et rendu les maîtres de ce dernier civilement responsables du préjudice causé a la victime - peu intéressante, si vous voulez, dans l'espèce, mais néanmoins victime d'une déclaration mensongère faite par un agent assermenté. Les réflexions de l'auteur de l'article de !'Eclair sont des plus justes, et il doit se commettre un nombre considérable de vengeances personnelles sous le couvert de la loi. Sauf de nombreuses et honorables exceptions ( car il y a partout d'honnêtes gens), le recrutement des gardes particuliers laisse beaucoup à désirer. Ce sont généralement des paresseux ou d'anciens braconniers qui acceptent ces fonctions; cc sont souvent des ivrognes. S'ils ont été autrefois braconniers, ils continuent a inspirer aux paysans, comme représentants de la loi, la terreur qu'ils leur inspiraient comme braconniers, et s'ils ont a se Yenger d'anciens propos ténus sur leur compte, ils ne manquent pas de dénoncer ou de faire condamner indûment quelque pauvre diable ·qui aura ramassé du bois mort dans un bois, ou même dont le seul délit sera d'avoir pénétré d:ins les massifs. Cétte institution des gardes particuliers doit disparaître entièrement._.:. Si o"nl'ad111et, il n'y a pas de raison pour que moi, simple bourgcoïs, je n'aie pas plusieurs gardes armés, m'accompagnant le soir si je vais au théâtre. - Je trouve que ma peau vaut bien celle d'un lapin, et il n'y a .pas de raison pour que le lapin soit mieux protégé et ,plus _en si'.ireté que moi. - Cette ii:istitution est d'un autre âgé: - Donnez alors des gardes a tous les riches parvenus comme on en donnait autrefois aux' grands seigneurs. Cc n'est pas une plaisanterie; chez certains gros industriels on banq~1iers enrichis, ces gardes particuliers constituent" une· sorte de

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==