La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

210 LA REVUE SOCIALISTE cela exprime à première vue que la marche de l'agriculture a été plus lente que celle de l'industrie. Dans le cours du développement capitaliste, quand le capital agricole atteindra une constitution moyenne, la rente absolue cessera d'exister . • • • La septiemedivision, la dernière, n'a été qu'ébauchée par Marx. L'auteur analyse les rapports mutuels des diverses parts du produit annuel, les opinions des différents économistes sur l'origine de chacune des trois parts - la rente, le profit et le salaire - entre lesquelles le revenu annuel de la société est départi. Il examine aussi la division correspondante de toute la société en trois classes. Cette dernière division devait être une conclusion de toute l'œuvre. « Marx avait l'habitude, dit Engels, de laisser jusqu'à la rédaction finale la conclusion définitive de son œuvre et de l'écrire peu avant la publication, quand de nouveaux événements historiques lui avaient fourni, avec une exactitude qui ne lui fit jamais défaut, par des faits pris sur le vif, des preuves nouvelles pour ses déductions historiques. » Son ouvrage n'a donc pas été achevé. Par exemple il n'existe que le commencement du dernier chapitre. Les trois grandes formes de revenu: la rente foncière, le profit et le salaire des ouniers, correspondent à trois grandes classes de la société capitalistique développée - les propriétaires fonciers, les capitalistes et les ouvriers, - et la lutte entre ces trois classes devait être représentée comme une conséquence réelle de toute l'évolution du capitalisme. Telle est cette œuvregrandiose; un véritable monument scientifique par lequel Marx a complété et couronné l'économie politique ricardienne, dont il a élargi les bases, développé toutes les thèses et résolu victorieusement toutes les contradictions - la question entr'autres du prix et de la valeur dans leurs rapports réciproques, - que Ricardo lui-même ne fut pas en état de résoudre. Pour le socialisme l'œuvre de Marx a des conséquences énormes; il lui fournit des bases scientifiques inébranlables. N. SLEPZOFF.

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