La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE OU « CAPITAL ll DE ~!ARX 209 même degré d'e~ploitation de traYail, produii·e des quantitl'.-sdifférentes de plus-value, grfice aux différences de leur constitution orga-' niqùe. Nous avons vu précédemment que le rapport entre le prix de production d'une marchandise et de sa valeur dépend, selon Marx, de la constitution organique du capital qui l'a produit, c'est-à-dire de la part du capital constant et de l:t part du capital variable. Dans un capital de constitution inférieure à la moyenne sociale la part du capital variable, c'est-à-dire la part employée pour le salaire des ouvriers, est plus grande. Un capital pareil produit une plus-value plus grande; car pour le même degn'.: d'exploitation de trav:1il, il emploie une quantité plus grande de travail vif et produit par conséquent un profit plus grand que la même part correspondante de capital social moyen. C'est pourquoi la valetù· de son produit est plus grande que le prix de revient de la marchandise, car le prix de production est égal au capital employé, plus le taux de profit moyen; or ce profit moyen est au-dessous du profit qu'il a produit lui-même. C'est le cas notamment pour l'agriculture ou la constitution Ju capital est inférieure au capital social moyen. La valeur du produit agricole est donc pl_usélevée que le prix de production, c'est-à-dire que la plus-value produite dans l'agriculture est plus grande que celle obtenue par un capital de même grandeur mais d'une constitution moyenne, et partant il y aura un surplus de profit en comparaison du profit· moyen. C'est ce surplus de profit qui donne la rente absolue. Mais le fait seul de l'existence d'un surplus de valeur pour les produits agricoles ne suffit pas à expliquer l'existence de la rente absolue. Pour beaucoup d'objets d'industrie la valeur est plus grande que le prix de production, sans cependant donner un surplus de profit pouvant créer une ·rente. Un nivellement de profit a lieu et toute la plus-value acquise par le capital social se distribue conformément au capital employé. D'autre part, quand une branche donne. une plus-value plus grande que la moyenne, le capital y afflue et. rout est bientôt ramené au même niveau. Mais l'affaire est tout. autre quand le libre fonctionnement du capital est entravé. C'est ce qui a lieu pour la propriété fonciére. Elle ne permet pas la libre _applicationdu capital à la terre sans exiger une rente, même si le terrain est de l'espèce' qui ne do"nnepas de rente différentielle. Le prix du· marché des produits agricoles doit croître jusqu'à ce qu'il puisse fournir non seulement le prix de production, mais encore une rente. les produits agricoles seront donc toujours vendus d'après un_ prix monopolisé, parce que leur valeur n'est pas nivelée au prix de la production, contrairement à ce qui se fait dans l'industrie. Si la constitution du capital dans l'agriculture est inférieure à celle du capital social moyen,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==