208 LA REVUE SOCIALISTE existe une différence. Le fabricant doit à la nature seule et non au travail effectué le fait que son prix de production, réglé s.ur le taux général du profit, lui procure personnellement un profit supplémentaire. Parfois tel ou tel capitaliste parvient à réaliser un profit supplémentaire par l'emploi d'un capital plus considérable, - mais cela ne dure qu'autant que les autres entrepreneurs ne peuvent employer des capitaux de la même dimension - ou par suite d'un emploi plus productif du capital; or cet avantage disparaît des que ce moyen exclusif devient général ou des qu'il est dépassé. La cause donc d'un tel profit supplémentaire doit être attribuée au capital lui-même. Mais il en est autrement du surplus de profit du fabricant utilisant une chute d'eau. La productivitc plus grande Je son traYail provient de la possession d'une force naturelle monopolisée et qui ne peut être rcp1:oduite par d'autres au gré de leur volonté. Les prix du marché des produits de cc fabricant seront toujours réglés d'aprés le prix <le revient de la fabrication générale, moins avantageuse que la sienne. Mais si la chute d'eau appartient non au fabricant, mais au propriétaire de la terre, ce dernier ne la cédera au fabricant qu'i la condition d'un paiement égal au profit supplémentaire qu'on peut obtenir en l'utilisant. Il en est de même de tout surplus de profit obtenu par tout producteur qui peut produire dans des conditions plus fayorables et qu'on ne peut multiplier à volonté. Ce surplus de profit ne dépend pas du capital lui-même et ne rentre donc pas dans l'égalisation du taux général du profit. Un surplus de profit pareil est la rente capitaliste, elle apparait donc dans des conditions exceptionnelles de production et comprend tout ce qui dépasse le taux moyen du profit. Marx s'occupe d'abord de la rente dite <1 différentielle », ctudiée déjà auparavant par d'autres économistes, Ricardo en particulier. Il en distingue plusieurs espéces : r0 la. rente qui provient des différences de la fertilité de la terre et de sa situation- et 2° la rente qui provient de ce que les dépenses successives sur le même lot de terre ne donnent pas un profit proportionnel à ces dépenses. L'auteur prouve - contrairement à ce qu'on soutient ordinairement - que la rente différentielle ne dépend pas de l'ordre dans lequel les terres de fertilité differente sont cultivées. Il démontre aus'si que la rente peut exister sur les pires terres cultivables, quand par suite d'une demande croissante de blé on fait de nouvelles dépenses de capital sur les mêmes terres, cc qui augme,nte le prix de production et crée un surplus de profit qui constitue la rente. En dehors de la rente différentielle il existe, selon Marx, une rente de toute autre provenance, il l'appelle une_ rente absolue. Elle a comme source le fait que des capitaux de ~ême grandeur peuvent, au même taux de valeur ou au
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