ANALYSE DU TROI._SIÈME LIVRE DU « CAPlTAL » DE MARX 207 forme ultérieur!:! que revêtit la rente fut la rente en argent. Cette derniere suppose un développement plus ou moins grand du commerce, de la production des marchandises et de la circulation de l'argent. Avec elle les relations juridiques traditionnelles entre les possesseurs cultivateurs de la terre et les propriétaires se transfprment inévitablement en relations purement contractuelles et pécuniaires, déterminées par la législation. Le fermier capitaliste devient l'exploiteur réel des cultivateurs et de leur surplus de travail. Le proprictaire foncier n'entre en relations qu'avec lui et ces relations sont purement financieres. La rente prend alors sa forme contemporaine : de to11le la plus-value et du surplus de travail, elle se ramene au rnrpl11s du profit que le fermier capitaliste perçoit sous forme de plus-value. Cette plusvalue, il l'a obtenue à l'aide de son capital par une exploitation directe des ouvriers agricoles. La grandeur de cette part qu'il est obligé de donner au propriétaire est fixée en général selon les limites du profit moyen produit par le même capital dans les autres branches de la production et réglé par les prix de production en dehors de l'agriculture. Il a déjà été démontré que les fabricants produisent dans des conditions diverses, plus ou moins favorables. Dans l'industrie oü les conditions favorables sont créées par de grandes dépenses de capitaux, il n'y a pour l'entrepreneur industriel d'autre entrave que la difficulté de se procurer un capital assez grand pour lui permettre d'acquérir des résultats aussi bons que ses rivaux. Il en est tout autrement dans l'industrie agricole. Nous savons déjà que la valeur du marché ou le prix du marché « est déterminé par le temps socialement nécessaire à la fabrication de la marchandise>>. Certains producteurs disposent pour produire de conditions particulierement avantageuses et qu'on ne peut multiplier à volonté, de conditions naturelles telles par exemple que la force d'une chute d'eau, etc. Dans ce cas, la dépense pour chauffage est réduite à zéro, par conséquent les dépenses de capitaux sont moindres et le profit sera évidemment plus grànd. Supposons donc que des fabricants utilisant la vapeur comme force reçoivent r 5 francs par 100 francs du capital dépensé, le coût de production du fabricant, profitant d'une chute d'eau· sera évidemment moindre - mettons 90 au lieu de 100, il gagnera donc 2 5 pour 100 de profit au lieu de 15 pour 100, étant donné que le prix du marché se trouve déterminé par le coùt de production moyen. Chaque profit additionnel normal, c'est-à-dire acquis non pas par le moyen de quelque truc ou de quelque fluctuation momentanée des prix de marché, est déterminé par la différence qu'il y a entre le prix individuel de la production d'une marchandise et le prix général de -cette branche de production. Mais au sujet du cas cité plus haut il
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