ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL» DE MARX 205 l'existence de la rente, tandis qu'on ne peut pas expliquer cette dernicre par sa propre capitalisation, ni l'en déduire. En supposant la rente fonciére comme constante, le prix de la terre peut croijje ou baisser en sens inverse de l'intcrêt. Si l'intérêt tombe de 5 pour 100 à 4 pour 100 la rente annuelle de f 200 représentera alors la jouissance annuelle d'un capital de f 5,000 déjà et non de f4,ooo. Il a été démontré précédemment qu'au cours du dheloppement social la norme du profit ainsi que de l'intérêt tend i baisser: le prix de la terre devra donc s'accroitre indépendamment des fluctuations de la rente foncière et du prix des produits de la terre, dont une partie représente la rente. Comme la propriété foncière est considérce partout comme la forme la plus - importante de la propriété et son achat comme un placement de capital' trés sùr, l'intérêt y est moindre qu'ailleurs. Par exemple, l'acheteur de la terre perçoit seulement 4 pour 100 sur le prix d'achat, tandis qu'en employant le même capital à autre chose il aurait 5 pour 100; il paie donc un plus grand capital pour acheter une rente foncière que pour se procurer toute autre source d'un même reYenu annuel. Par les exemples indiqués ci-dessus on peut comprendre comment il se fait qu'on confonde si souvent la rente avec l'intérêt. Quoique ce dernier puisse constituer quelquefois une part de celle-ci, il ne lui est cependant pas identique. Il peut en ~tre de même pour le profit moyen et le salaire normal. C'est ce qui a eu lieu dans des pays peu développés économiquement, l'Irlande par exemple, où le fermier n'est qu'un petit paysan, qui paie au propriétaire pour son fermage non seulement une part de son profit, c'est-a-dire du surplus de son propre traYail auquel il a droit comme propriétaire de ses outils, etc., mais encore une part du salaire normal qu'il recevrait dans d'autres conditions pour la même quantité de travail. J\lême dans les pays ayant une production capitaliste bien -développée, en Angleterre par exemple, où les fermiers sont très souvent de petits capitalistes astreints par la coutume, l'éducation ou toute autre chose :i. placer leurs capitaux sur l'agriculture, ils auront un profit au-dessus de la moyenne, mais devront en rendre une partie au propriétaire en guise de rente. En outre les propriétaires fonciers exercent partout une grande influence sur la législation. C'est par ce moyen que durant la période de 1815-1830 toute une génération de fermiers ont été petit à petit expropriés. Mais ce qui est encore plus grave, c'est que dans de tels cas le salaire des ouvriers agricoles se trouve abaissé au-dessous de la moyenne et c'est à leurs dépens que se forment les prix de fermage. C'est ainsi qu'une partie du salaire normal des ouvriers revient sous forme de rente aux propriétaires fonciers eux-mêmes. Les travaux des comités parlementaires avant la création des lois sur ,les céréales en Angleterre le prouvent jusqu'à l'évidence.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==