La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

204 LA REVUE SOCIALISTE part de la rente que le fermier paie au propriétaire; mais cc n'est pas la rente proprement dite, qui est payée pour l'usage de la terre, comme telle. Quand le temps du fermage est écoulé, les améliorations faites à la terre deviennent propriété du propriétaire foncier, comme quelque chose d'inséparable de la terre. En contract:mt un nouveau fermage, le propriétaire ajoute à la rente foncière proprement dite l'intérèt du capital cmployé pour fertiliser la terre, même s'il rend la terre au même fermier qui a fait les améliorations. Ainsi, sa rente s'accroît de même que s'accroît le prix de la terre pour quand il voudra la vendre. Il vend non seulement la terre, mais une terre arnclioréc, avec la valeur en plus d'un capital mis dans la terre et qui ne lui a rien coùté. C'est une des causes tout à fait indépendantes du mouvement de la rente fonciére proprement dite - de l'enrichissement graduel des propriétaires fonciers, de la croissance continuelle de la rente et de la valeur pécuniaire de leurs terres au cours du développement cconomiquc. De cette manicre, les propriétaires fonciers empochent les résultats du dèvcloppcmeut social, accomplis sans leur participation. Mais c'e~t en même temps une des plus grandes entraves à l'agriculture rationnelle, car le fermier évite le plus possible de faire des dépenses qu'il sait ne pouvoir pas recouvrer durant le temps trop court de son fermage. C'est une des causes qui font qu'à un certain degré de son évolution la propriété fonciérc devient nuisible même au point de vue de la production capitaliste. Ce phénomène apparaît encore plus visible en cc qui concerne les terrains à Mtir. La plupart des terrains, qui sont vendus en Angleterre pour y bâtir et non comme free/Jold, sont alloués par les propriétaires pour quatre-vingt-dix-neuf ans ou pour une periodc plus courte si possible. Au bout de cc temps, la terre avec les constructions clevécs sur clic revient au propriétaire. « Si cc système se prolonge, dit Marx, la possession de toutes les maisons du royaume, ainsi que la possession de toutes les terres, passera entre les mains des grands propriétaires fonciers. Tout le West-End de Londres, au nord et au sud de Temple-Bar, appartient déjà presque exclusivement à une demi-douzaine de grands propriétaires fonciers. Il en est de même à peu près de toutes les villes du royaume ainsi que des docks des villes maritimes. Les propriétaires empochent par cette voie non seulement l'intérêt du capital d'autrui, mais encore le capital lui-même. » La rente· peut se trouver confondue avec l'intérêt encore d'une autre manicre. Si, par exemple, l'intérêt est de 5 pour 100, la rente de f 200 peut être considérée comme l'intérêt d'un capital de f 4,000. La rente ainsi réalisée constitue le prix ou la valeur de la terre. En réalite; c'est le prix de vente non de la terre, mais de la rente foncicre, sans considérer que la terre elle-même ne peut pas avoir de valeur, n'étant pas produit de travail. Mais telle quclle, la rente capitalisée suppose

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==