La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL» DE MARX 203 Malheureusement ce plan n'a pas été exécuté. Après la mort de l'auteur, cette partie de son traYail est restée inachevée, quoiqu'elle fût beaucoup plus avancée que la division précédente par exemple. L'analyse de la propriété foncière en général et celle de ses di\·erses formes historiques n'entrait pas dans les limites de l'ceuvre de K. Marx. Il ne s'en occupe qu'à un seul point de vue : celui concernant la plus-value produite par le capital qui devient la part du propriétaire foncier. Par conséquent, il suppose que le capitalisme règne dans l'agriculture ainsi que dans l'industrie. La propriété foncière suppose le monopole de quelques personnes sur un terrain défini, où leur volonté seule peut être exercée à l'exclusion de toute autre. Le droit juridique qu'ont certains individus d'user et d'abuser de telle ou telle portion du globe n'est pas tout, car la jouissance de la terre se trouve dans une dépendance complète de conditions économiques indépendantes de leur volonté. Ainsi qu'il a été démontré dans le tome I, ch. XXIV, la production _capitaliste, dans l'agriculture comme dans l'industrie, .suppose que l'ouvrier est libre individuellement et exproprié des moyens de travail, - notamment de la terre, et qu'il est soumis par conséquent au capitaliste s'occupant de l'agriculture en vue de profit. La production capitaliste en apparaissant crée elle-même la forme de la propriété foncière qui lui convient en asservissant l'agriculture au capital; c'est pourquoi la proprièté féodale, la propricté foncière des clans ou la petite propriété communale des paysans se transforment toutes en une forme économique correspondant à ce mode de production, si diverses que puissent être leurs formes juridiques. La production capitaliste dans l'agriculture a deux avantages selon Marx. C'est d'une part d'introduire l'agronomie scientifique la où régnait la routine et d'autre part de dévoiler - en mettant à nu sa forme purement économique - l'absurdité du droit de propriété foncière masquée par les conditions politiques et sociales. Un propriétaire foncier d'Écosse peut, par exemple, habiter Constantinople, ne prendre aucune part à l'exploitation de ses terres et toucher néanmoins, grâce à. son monopole, un impôt en argent du capitaliste, du fermier. Mais le revers. de la médaille, dans le domaine de la production capitaliste en agriculture, c'est comme toujours - l'appauvrissement complet des producteurs directs. Au point de vue vulgaire, la rente, c'est la somme définie par contrat que le fermier capitaliste paie au propriétaire foncier pour la permission d'employer son capital dans cette branche de la production. Au point de vue pratique, tout ce que le fermier paie au propriétaire pour le fermage compose 1a rente foncière, quels que soient les éléments de ce tribut. L'intérêt du capital employé à la terre pour son amélioration, qui devient moyen d~ production, peut former ainsi une_

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