La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

202 LA REVUE SOCIALISTE 1) qu'une partie momcntanemcnt inoccupée (fonds de réserYe) du capital des commerçants et des industriels, 2) que la part du rcYenu et de l'épargne de tout le monde qui est destinée d'une façon transitoire ou permanente à l'accumulation. ~fais il ne faut pas oublier : 1) que l'argent, sous forme de métal précieux, est la base dont le crédit ne peut se libérer, 2) que le système du crédit a pour condition « le monopole des moyens sociaux de production (sous forme de capital et de terre) entre les mains de personnes privèes. » Le crédit est une forme immanente de la production capitaliste ; - d'ou l'énorme influence sur le commerce et l'industrie d'une banque telle que la banque <l'Angleterre par exemple, quoique leurs mouvements réels soient en dehors de sa compétence (bereichs) et qu'elle ne se comporte à leur égard que d'une manière passive. Le crédit ne représente qu'une forme de la comptabilité universelle et de la division des moyens <leproduction répartis suivant les nombreux rouages de la production sociale; mais cc n'est qu'une forme. Ce caractère social du capital (notamment celui qu\ apparaît dans le taux moyen de profit, oü chaque capital special ne tire comme part proportionnelle du capital total que son dividende pris sur le travail total et non pas directement d'après la plus-value obtenue) n'est atteint et réalisé que par le plein développement du système du crcdit. Poussons plus loin l'analyse : Le crédit fournit aux commerçants et aux industriels tout le capital disponible et m~me potentiel de telle sorte que ni le porteur ni l'employeur de cc capital ne sont ses possesseurs ou ses producteurs. Ainsi se perd le caractcre pri\·é du capital. -Le crédit et sa base : le capital portant intérêt, - n'ont de sens que pour le capitalisme. Le crédit a un caractère double : d'une part, il sert de moyen d'exploitation et de fraudes colossales (spéculation), et, d'autre part, il est une forme transitoire de la nouvelle production. Les sociétés par actions et les sociétés coopératives d'ouvriers sont des formes de passage au socialisme. * * * Nous arriYons maintenant à une diYision particulièrement intéressante. C'est la sixième, dans laquelle Marx traite la question de la rente. Son point de vue est tout à fait original. A côté de la rente différentielle de Ricardo, il prouve l'existence d'un autre genre de rente qu'il appelle « absolue ». En vue de cette partie de son ctudc, Marx entreprit une inYcstigation toute spéciale; comme les formes de la propriété foncière autant que celles de l'exploitation des producteurs agricoles sont particulièrement diverses en Russie, c'est cc pays qui, au dire de Engels, devait jouer dans le chapitre de la rente le même rôle que Marx avait donné à l'Angleterre dans celui du travail salarié industriel.

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