La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ANI.LYSE DU TROISlÉME LIVRE DU << CAPITAL » DE MARX 201 ne l'empêche pas de toucher le bénéfice. Dans les fabriques coopératives, le travail de contrôle perd entièrement son caractère d'exploitation de l'ouvrier, puisque le directeur est payé par les ounicrs, au lieu de représenter le capitaliste lui-même et son antagonisme e1wcrs eux. Cette division contient encore une étude sur la monnaie. Marx distingue dans le premier volume six fonctions différentes de la monnaie; elle est: 1) une mesure de valeur, 2) un instrument de circulation, 3 un équivalent universel, 4) un trésor, 5) un instrument de paiement, 6) une monnaie uniYcrselle. Comme mesure de Yaleur, clic doit être une marchandise au même titre que toute autre marchandise ayant ncccssité un travail social. C'est l'or qui joue actuellement le rôle d'unité servant à mesurer toutes les autres valeurs. Comme instrument d'échange et de paiement, il peut être remplacé par du papier sans valeur en soi, car, en définitiœ, ce sont les marchandises qui s'échangent les unes contre les autres, que cc soit dans les opérations directes ou dans celles qui sont basées sur le crédit. Ce n'est qu'en cas de stagnation d'affaires ou de crise que ces opérations se trouYcnt interrompues et que l'échange des marchandises est arrêtl'.:. li s'ensuit alors qu'une certaine partie de la richesse est détruite et qu'il n'est plus besoin pour la circulation de la totalité des instruments de circulation et des instruments de paiement existant auparavant; aussi leur valeur baisse-t-cllc. Il faut alors retirer de la circulation la quantitl'.: superflue. Dans ce cas, le public ne veut plus ni de marchandises ni de symboles, ni de papiers; il demande de l'or, lequel joue le ràle d'equivalent universel. Il doit donc exister toujours une certaine quantité d'or qui doit être d'autant plus grande que la circulation est plus ,·aste et qu'il y a davantage de risques à courir qu'une crise n'éclate. La possibilité d'échanger ainsi les billets de banque contre de l'or une fois assurée, la banque ne peut pas émettre de billets pour une somme plus grande que celle exigée par la circulation. Le trop-plein de papier serait tout de suite échangé contre de l'or. Voilà pourquoi la banque ne peut pas influer sur le prix des marchandises par des émissions excessives. Au contraire, elle ne peut qu'adapter ces émissions aux changements dans les prix causés par telle ou telle variation de la valeur des marchandises ou de l'or comme mesure de valeur. La quantité de monnaie, comme instrument de circulation et de paiement, s'adapte donc aux prix établis, mais elle n'en est pas la cause. Ce fait a été démontré par les travaux de Took, de Tullarton et finalement, de Marx. La théorie quantitative de Ricardo, admettant que les prix des marchandises dépendent de la quantité de monnaie en circulation, est donc erronée, si la possibilité d'échanger les billets de banque contre de l'or est assurée. Le crédit n'est qu'une condition subordonnée à la production et les moyens dont les banquiers disposent ne représentent :

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