ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL » DE MARX 199 l'art et de la prcparation et qui par conséquent coûte plus qu'un simple travail moyen. Mais au cours du développement capitalistique le salaire de cette classe d'ouvriers tend a baisser. Le fait ci-dessus proYient tout d'abord de la division du travail dans les comptoirs, laquelle n'entraîne pas pour le capitaliste de dépenses nouvelles, tandis que d'autre part elle fait que l'habileté de l'ouvrier se développe d'autant plus vite qu'il se spécialise. Ensuite parce que la connaissance des langues et des opérations commerciales· devient de plus en plus aisée et accessible a tout le monde, le capitalisme dirigeant de plus en plus l'éducation vers des buts pratiques. En même temps l'instruction universelle du peuple donne la possibilité d'avoir des ouvriers bien préparés tout en appartenant a une classe a laquelle ce genre de travail avait été tout d'abord inaccessible et, qui plus est, des ouvriers habitués aux conditions d'une vie plus simple et partant moins exigeants. En même temps que l'offre hausse, la concurrence augmente. C'est pourquoi au cours du développement du capitalisme la force de travail de ces ouvriers se déprécie en même temps que leur aptitude au travail augmente. Quant au nombre d'ouvriers commerçants employés dans une entreprise, il faut remarquer que le capitaliste commercial doit partir d'un tout autre p1jncipe que le capitaliste industriel. Dans une entreprise industrielle plus il y a d'ouvriers employés, plus grande est la production et plus considérable est aussi la plus-value ou le profit. Mais dans les entreprises commerciales l'augmentation du nombre des ouvriers n'est que la conséquence, mais non la cause de l'augmentation de la plus-value. C'est pourquoi le commerçant augmente le nombre de ses employés dans le cas où il lui faut réaliser une plus grande valeur ou un plus grand profit, mais non inversement. *, * * Dans la cinquième division il s'agit de la question« la plus embrouillée du livre », selon le dire de Frédéric Engels. Elle est consacrée au capital portant intérêt et a la division du profit en intérêt et en revenu de l'entrepreneur. Marx n'a laissé ni un chèmin nettement tracé, ni même une esquisse complète. Le rédacteur a dû se borner a mettre de l'ordre dans la masse des matériaux accumulés et a n'y ajouter que les compléments les plus indispensables. Cette partie de l'œuvre de Marx exigerait donc, selon nous, une analyse toute spéciale, qui nous mènerait beaucoup trop loin dans notre étude; c'est pourquoi nous n'en relèverons que les traits les plus saillants. ·A un certain degré de développement de la production des marchandises apparaît une forme spéciale du capital - le capital portant
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