LA REVUE SOCIALISTE tous les autres, puisque prcmiércment son travail est acheté en vue de l'augmentation de la valeur du capital et que secondement son salaire, comme celui de tous les salariés, est déterminé non d'apres le produit de son travail, mais bien d'aprés la dépense strictement nécessaire à l'entretien de sa puissance de travail. Mais comme le comrnerça·nt n'est qu'un agent de la circulation - laquelle ne produit ni valeur ni plusvalue d'aucune sorte - les ouvriers employés pour les mêmes fonctions ne créent aucune Yaleur, ni aucune plus-value. Leur travail est donc improductif au point de vue de la société. Mais pour le marchand, cc travail est la source même de ses profits: « La quantité de profit pour chaque marchand isolé, dit Marx, dépend de la quantité du capital qu'il peut employer pour accomplir cc processus (de la réalisation de la valeur ) et il peut en employer d'autant plus pour l'achat et la vente que le travail non payé de ses employés est plus considérable» (r). Quoique« le travail non payé de ses employés ne produise pas de plus-value, dit plus loin l'auteur, il donne pourtant au mar-. chand la possibilité de se l'approprier, ce qui est parfaitement indifférent pour le capital au point de vue du résultat; cc travail, par conséquent, représente pour le capitaliste la source du profit. Autrement l'entreprise commerciale ne pourrait être menée ni en grand, ni d'une manicre capitalistique ». • De même que le travail non payé des ouvriers crée pour le capital industriel la plus-value, de même aussi le travail non payé des ouvriers salariés, employés dans le commerce, crée pour le capital commercial la possibilité de participer à la jouissance de cette plus-value. Comme nous l'avons déjà dit, le prix du travail d'un ounier employé dans le commerce est déterminé d'aprés la valeur de sa puissance de tra\·ail ou plutôt d'après les dépenses nécessitées par la production de la force de travail. Mais l'utilisation de la puissance de travail de l'ouvrier, son intensité, son fonctionnement et sa destruction - et il en est ainsi pour tout autre ouvrier salarié - sont beaucoup plus grandes que la valeur de salaire. « C'est pourquoi, dit Marx, so~ salaire ne se trouve dans aucune relation nécessaire à l'abondance du profit qu'il aide le capitaliste à réaliser! Ce qu'il coûte au capitaliste et ce qu'il lui rapporte sont deux quantités tout à fait différentes>> (2). Il lui rapporte, non parce qu'il crée la plus-value directement, mais parce qu'il contribue à diminuer les dépenses nécessaires à la réalisation de laplus-value et pour autant qu'il accomplit en partie du ~ravail non payé. En général les ouvriers employés dans le commerce appartiennent à une classe de salariés mieux payés, à ceux dont le travail exige de- (1) Capiial, 1. Ili, ·p. 232. (2) Ibid., p. 238.
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