ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL» DE MARX 197 plus-value, qui d'après le taux du profit moyen lui reviendrait pour la dépense faite au moment de l'achat de cette marchandise, pour la conservation de celle-ci pendant qu'elle se trouve sur le marché, et pour les frais de vente. C'est là l'origine du profit commercial, lequel, quoiquè perçu par le marchand, est réalisé non par l'entreprise commerciale qui ne produit pas de plus-value, mais par l'entreprise industrielle. Marx explique le profit commercial par l'exem'ple suivant ( 1) : Supposons que le capital industriel de constitution moyenne dépense pendant l'année est égal à 720 unit~s du capital constant+ 180 du capital variable, au total 900 unités. Soit le taux de plus-value= 100 pour 100. Par conséquent le produit sera égal à 720 c. c. + 180 c. v. + 180 pl. v. Le prix de vente de la marchandise - c'est-à-dire son prix social - est égal à la somme des parties du capital constant et du capital variable qui y sont contenus, plus le taux de profit moyen. Il sera donc dans l'exemple cité, de 720 + 180 + 180 = 1080 et le taux de profit pour le capital total 900=2op. 100 ( 180 = 20 p. 100). Supposons main900 tenant qu'outre ces 900 unites du capital industriel, on ajoute encore 100 unités de capital commercial, qui comme le capital industriel participe du profit, en proportion de son importance. D'après notre supposition il constitue 1/ 10 du capital total 1,ooo; il lui revicnd ra donc 1/10 de la plus-value totale de 180, en percevant de cette façon un taux de profit de 18 pour 100. C'est pourquqi en réalité le profit qui restera pour les 9/10 du capital total ne sera que de 162; autrement dit, le profit sera, pour tout le capital de 900, également de 18 pour 100. Par conséquent le prix, d'après lequel sera vendue la marchandise par le possesseur du capital industriel de 900 unites au commerçant sera de 720 c. c. + 180 c. v. + 162 pl. v. = 1062. Et le commerçant en ajoutant à son capital de 100 le profit moyen= 18 pour 100 vendra donc la marchandise pour 1062 + 18= 1080, c'est-à-dire d'après le prix de sa production ou - si l'on a en vue le capital total - d'après sa valeur. En achetant la marchandise, le commerçant ne paie au fabricant que la somme de 900 + 162 = 1062, c'est-à-dire qu'il achète les marchandises au-dessous de leur prix social, et ce n'est qu'en les vendant, après y avoir ajouté le profit commercial (1062 + 18) qu'il réalise pleinement le prix social (de 1080 notamment). . , Dans la division que nous étudions pour le moment, il est intéressant de noter encore le rôle que les ouvriers jouent dans le processus de la circulation du capital. L'ouvrier employé dans le commerce est un ouvrier salarié comme (1) Capital, 1. lll, p. 224.
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