La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

·scIENCE. ~ UTOPIE 185 aura plus de chances qu'une autre débile et malingre de procréer, un garçon ». En émettant pareille opinion et en l'attribuant à M. Sçhcnk, l'illustre professeur berlinois montre simplement à quel point il est resté étranger au p10uvement scientifique de ces derniers remps. SUPÉRIORITÉ DE· LA PUISSANCE VITALE .CHEZ LA FEMME STATISTJQUE DE LA LONGÉVITÉ Un fait ignoré du vulgaire, mais· qui ne devrait pas échapper à un savant de la taille· de M. Virchow, c'est la supériorité vitale au profit du sexe dit faible. Dans un très intéressant artide de la Revué des Revues ( I) sur les Mysteres de la longévité, le baron Jean Finot fournit à l'appui de cette opinion les_documents les plus curieux et les plus divers. Des calculs basés sur les derniers recensements au"x États-Unis il ressort que· la mortaFté est plus élevée dans le sexe dit fort jusqu'à la soixante-dixième année. . ' De soixante-dix à .quatre-vingt-dix ans, les chances se trouvent renversées; puis la femme reprend de nouveau le dessus et le conserve jusqu'à la fin de ses jours. Après cent ans, la,.,femme_a cinq fois plusàe chances de survivre que l'homme. En Europe, mêmes résultats. Sans doute des ca.use·sparticulières interviennent qui favorisent la longévité de la femme. Elle échappe à certaines .occupations meurtrières; com.me le service militaire et 1e travail dans quelques industries dangereuses; certains vices comme l'alC:oolisme pèsent moins lourdement sur sa mortalité. On pouuait objecter qu'elle a dans la maternité son champ de bataille, singulièrement meurtrier, et que la réprobation sociale qui pèse sur s·amisère est singulièrement pesante et de nature à la· pousser aux d~rniers échelons de la dégradation physique aussi bien que morale. Quoi qu'il en soit, il est établi qu'avant l'âge où ces raisons peuvent exercer leur influence, dès la naissance, le principe se vérifie. D';tprès un démographe anglais, M. Volt Schooling, de deux enfants de sexes différents qui naissent le même jour, un petit garçon aura dix-sept chances de vie contre une de mort pour vivre une année de plus,· tandis que la fillette en aura vingt et une: De cinq à quatorze ans, le; chances tendent à s'égali~er; mais à partir de quatorze ans, la jeune fille a de nouveau l'avantage. De quinze à dix-neuf, le garçon à deux cent soixante-neuf chances de survie contre unè de mort, tandis que_ (r) Rev11edes Revues, numéro .du 1" novembre 1897. ....

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