LA REVUE SOCIALISTE sol, complètement de.terminés, les caractëres sexuels, et je suppose, par.conséquent, qqe, pour exercer une influence déterminante sur lé. sexe, il faut agir dès le moment ou l'ovule commence as~ développer. Or, cela ne.me paraît pas facile et je reste très sceptique devant la communication du professeur Schenk. Ce scepticisme est partagf par les autres professeurs de Berlin: MM. Hertwig, directeur de l'institut anatomo-biologique et Gousserov, directeur de la clinique d'accouchement, Mounk, directeur de la section de physiologie· à l'institut physiologique. Tous font les plus grandes réserves, tout en s'accordant à reconnaître qu'on ne saurait repousser légèrement l'affirmation d'un homme dont l'autorité scientifique est si grande et qu'il convient' d'attendre ses explications avant de se prononcer sur une découverte dont l'importànce peut être aussi considérable pour toute l'humanité. N'existe-t-il cependant pas déjà des faits connus qui permettent, d'incliner en faveur d'une action possible sur hi détermination des sexes? Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on s'intéresse à la question. Aristote en a fait l'objet de ses observations : il a signalé le pouvoir qu'ont lès.abeilles de procréer, à volonté, soit ·des mâles, soit des femelles ou des ouvrières, soit enfin des reine~. Des expériences nombreuses ont d'ailleurs démontré l'exactitude absolue de ce fait. « L'abeille, dit le docteur Giard: dans un intéressant article du Petit Temps, prépare ses alvéoles, de parure et de grandeur un peu diffé-· rentes, selon qu'elle attend un.mâle ou une femelle et jamais elle ne se tram pe dans sa prévision. ». • De notre temps, les pays d'élevage comme l'Amérique et l'Angleterre n'ont pas manqué de biologistes et de statisticiens pour .chercher· une solution. Plus récemment, l'embryologie a·pris en mains le prob~ème et les recherches ont été poussées assez loin pour laisser entrevoir la possibilité d'ouvrir toute une série d'expé,riences concernant l'action exercée sur le fœtus, non seulement par l'alimentation, mais par la temperature, la position, le milieu, le mouvem~nt, les substances chimiques, etc. ' Bornons-nous pour l'instant au point de vu·e qui a dirigé les investigations de M. Schenk, « l'échange Je matière ». Les résultats déjà obt~nus suffisent pour nous mettre sur la voie et nous permettre de soulever un coin du voile que le prudent professeur tient à laisser quelque temps encore sur son œuvre. Et, chose étrange, ce qui frappe tout d'abord, c'est l'entière ignorance des faits acquis que dénote la cr;itique Je M. Virchow, précédemment citée. Ou a-t-il vu que le sexe mâle est physiquement le plus fort et le plus développé? De cette première erreur, une autre découle naturellement, celle d'admettre « comme très probable qu'une femme bien portante et bien nourrie
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