La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

• LA RêVUE· SOCIALISTE ·par exemple, la lect).lre des idylles pseudo-scieritifiqties .de Micfaelet.: La Femme, L'Amour, etc. • ,, •. Il n'y avait tien de doucereux, dè céladonesque dans les rap- ·p<'>rts.de Bakoui1i-ne avec sa femme. De plus~: lui-même avait:cèttc belle physionomié que figuretaient on ne peut mieux ces vers de Pouchkine lorsque, dans son poème de Mazeppa, il dit, en parlant de la filleule du vieillard : ! 1 :, 1 1 •• • • • i, Ce n'est pas toujours le rose des joues sous·un duvet téndre • " Et les boucles blondes et· dorées du jeune amant, - . ccMais p:irfois aussi le regard austère d'un vieillard ccAvec son front sillonné et ses cheveux blancs • 1 • ' • •• « Qui, dans les rëves de la belle, font éclore la passion amoureuse. » Le front de Bakounine n'était pas traversé de cès sillons pittoi-es- ·~ues qlli évoqu~nt des· rêves poétiques, mais ses traits édairés p·a_rla _pensée étaient empreints d'une beauté originale, absolument contraire a'ux rè'gles adoptées par l'esthétique classîque et céladonesque. Tou·t le monde savait combien profondes et douloureuses étaient les blessu'res qu'il avait reçûes dans sa lutte sans trève pendant de longues arînt::es. Lui-même 'ne les étalait jamais. Néanmoins, et peut-êt_re à cause de cela même, cette atmosphère de martyre dont il semblaît étte enveloppé et qu'il supportait avec courage et un air de grandeur lui 'donnait un grand. attrait. Au-dessus de sa tête puiss:inte et pitto·- resque ·on croyàit voir l'auréble d'un lutteur que jamais n'a\'ait hanté la pensée de capituler. . . Je n'aimais pas les yeux d'Antosia avec leur éclat d'acier et leur 'tegard froid. Mai~ en pre11ant l'ensemble de ~a physionomie, je m'expliquais assez bien son rôle d'amie auprès de ce vieux lutteur. Maigrelètte, les cheveÙX:fris_és, taillés comme les garçons, elle paraissait parfo.is être une fillette channante et, plus souvent enéore, elle ressemblait a un petit j_eu.nehomn:1e, mai.s ié!m~is_jen'_ai_puvoir-en elle u_nefemme. ,Aussitôt qu1on l'ahoi·dait, ori sentait que l;on se trouvait en_face d'une Polonaise, c'est-à-clin~ d'une personne dans l'existence de laquelle les prcoccupations politlqu,c:s jo~aient un rôle beaucoup pl~s imp~6tant que dans la vie dés Russes. On voyait aussi chez ell~ les _traces d'une éducation catholique, qÜi transforme en passion tout él~n dè l'âme; ·aévelopp.tnt chez l'individu une réserve pouvant aller jusqu'à l'abdication de toute sensualité e1, mieux encore) lui apprend à reporte! l'émotion sensuelle. da~~ une sphere spiritu~lle. II • Les Bakounit1e prirent un 111odesteapparteme.nt dans le voisiq,a'gè de Cascino, situé dans ,le ·pouv.eau quartier au fud-puest de .1:i v~le et très éloigné-de nou~è 11 - ·, ,·:·· ., ; . , .... ;,1 ·, : ,

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