IL EN ÉTAIT: Le coup d'Étr1t de décem_bre 18511 le- reti:ouva debout pour la défense de la République. Pris les, armes à1 la main au pont Granger aux-Belles, il fut ·jugé et condamné à la déportation e~ expedié à Cayenne où il resta jusqu'à l'amnistie de 1859. De retour à Paris, il renoua avec les quelques amis qu'il rencontra et continua de ll\tter en vue de la réali~a-tion des idées pour lesquelles il avait toujours combattu et risqué ·tant de fois sa vie et sa liberté. Il fit partie du groupe des mutuellistes, les avancés de cette époque. Il contribua dans une large mesure à la fondation de l'Internationale des travailleurs. Traqué, poursuivi, il fut encore arrêté et emprisonne avec Varlin, Theisz, Conihaut et autres. vaillants dont le· dévouement et l'énergie devraient bien servir d'exemple aux travailleurs ·de nos jours et les rappeler au ·sentiment de leur devoir qu'ils semblent par trop oubli~. * * * ,, 1 A travers ses pérégrinations, le brave Martin avait tout de mê.me trnuvé le terµps de remarquer une femme, de l'aimer et de l'épouser. Ils avaient eu nn enfant : le fermier que nous avons vu l'attendre e,t l'aider à descendre de l'omnibus. Quand éclata la guerre de 1870, le père Martin avait donc cinquante ans et sa femme quelques années de moins. Ayant à purger une condamnation à deux ou trois mois de pri~on pour affiliation à l'Internationale, etc., etc, il· se trouva libéré le 4 septembre avec la _déchéance de l'Empire et la proclamati0.n de la République. Quelques jours après, il faisait. partie d'un bataillon· ~e marche i;;t pendant toute cette rude et tragique campagne, il remplit, à l'admira- . tion de tous, ses devoirs de soldat et de citoyen. Le r 8 mars I 87 I, il défendit la butte Montmartre contre les troupes et les gendarmes de Vinay .. Et quand la Commune, .à l'avè,n~- ment de laquelle il avait tant contribué, fut definitivement installée, ne voulant accepter aucun poste honorifique, il prit sa placé .de simple soldat dans les rangs 1es fédérés. • . Le premier·partout où il y avait d~ ,d;rnger, il se battit en héros jusqu'au 25 mai. Sa dernière étape fat la barricade de la place du Château-d'Eau ou il reçut dans la cuisse une balle qui ne fut extraite que bien longtemps après et devait le l_aisserboiteux toute sa vie. Arrêté chez l.ui sur la dénonciation d?un commerçant du-quartier, bien c9nnu pour ses idées bonapartistes, il fut traîné à Versailles, puis jugé et envoyé à la_Nouvel~e-Calédonie -où il_re9ta jusqu'à l'amnistie de 1880._. • •
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