La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

IL EN ÉTAIT 161 IL EN ÉTAIT Un matin ùu mois de décembre de l'année 1880, l'omnibus qui fait le service de la gare de *** à un petit village situé à quelques kilomètres, s'arrêtait devant la porte d'une ferme sur le seuil de laquelle attendaient le fermier, sa fenune et leurs deux jeunes enfants. - Ah! le voilà! Quel bonheur! s'écrièrent ensemble les deux petits dansant de joie et battant des mains. Le fermier, suivi de sa femme, courut ouvrir la portière de l'om_. nibus pour aider à descendre un homme, de taille moyenne, d'une soixantaine d'années, appuyé sur une béquille. ' - Bonjour, père, dit le fermier en embrassant le vieillard avec effusion. La fermière et :,es deux enfants le prirent par le cou et le comblèrent de caresses. - Bonjour! bonjour! mes chers enfants. Oh ! que je suis content d'être arrivé. Ça n'est pourtant pas loin, mais le temps m'a semblt: long. - Le déjeuner est prêt, père, dit la fermière. - Ça va bien, les enfants, je crois que j'y ferai honneur. - Tant mieux, père. Et clopin dopant, marchant au pas du vieux béguillard, toute la famille traversa la grande cour de la ferme pour se rendre dans la salle à manger où pétillait un bon feu. • Après avoir fait connaissance avec les chiens et remis sa béquille aux enfants, qui se la disputaient, aidè par son fils qui le soutenait sous les bras, le vie.illard se mit à table avec l'air heureux d'un homme qui se sent en appétit et qui éprouve la joie de se trouver en famille. * * * La nouvelle de l'arrivée du vieillard dans ce petit village fut un événement. Les bonnes femmes firent presque toutes le signe de la II

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