La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE point de vue des questions d'ordre général. L'œuvrc n'était plus fractionnée, elle s'unifiait dans les mêmes mains. La fédération, les syndicats, toutes les organisations ouvrières n'avaient plus qu'à accourir des quatre coins de l'horizon, pour la vivifier de leur souffle. Beaucoup vinrent; cependant il y eut encore des ddections inavouccs, mais effectives. La Fédération des Bourses pendant toute une année se tint à l'écart; sans daigner en faire connaître les motifs, clic ne se fit pas représenter au congrès organisé à Tours en 1896 par la Confédération. Faute de délégués, les commissions avaient chômé; le bagage à présenter se trouvait léger. On semblait n'avoir pas fait un pas. Malheureusement le remède n'était que dans la galvanisation des syndicats ouvriers, dans la transformation lente de lems mœurs. La Confédération se trouvait impuissante; elle ne pouYait compter que sur le temps et le comprit. Aussi, pas une heure le dt'.:couragement ne l'a entamée. Le congrès de Toulouse de cette année (1897) lui a ramené sans arrière pensée la Fédération des Bourses; le nombre des organisations adhérentes a grandi, ses commissions fonctionnent réguliérement et avec ardeur; le grand journal quotidien qu'elle s'est ambitieusement proposé de créer s'organise; elle est récompensée de sa patience. * * * De grandes espérances, voilà cependant ce que la Confédération générale du travail, malgré ces trois années d'existence, a pu seulement donner jusqu'à ce jour. Que faut-il à son plein épanouissement et quelle est la cause de sa persistante anémie? Il suffit de regarder autour de soi pour s'en rendre compte. Malgré le grand nombre de syndicats existants, malgré la tendance des travailleurs à unir leurs efforts, les forces ouvrières sont encore trop éparpillées en France. On ne voit pas ou on voit peu, comme en Angleterre, ces fortes unions régionales ou nationales de métier groupant sous la même bannière jusqu'à trois cent mille hommes. On en est d'autant plus surpris qu'aucune opposition légale n'est faite à leur constitution. Il semble que le premier deYoir de ceux quî rêvaient l'unité d'action du monde ouvrier dût être de s'employer à multiplier les fédérations, à ne laisser passer entre leurs mailles le moindre groupement. Une fois accompli~ cette œuvre préjudicielle indispensable, rien ne pouvait être pltrs aisé que de faire jaillir du sol la Fédération des Fédérations. Cette situation n'a pas échappé aux i~itiateurs du mouvement unitaire; ils ont fait tout ce qui dépendait d'eux pour la faire èesser. Mais,

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