LA CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DU TRAVAIL EN FRANCE r57 partout où « cela serait possible », d'un secrétariat 11atio11al du travail; la France eut le sien. Ce secrétariat avait pour mission de dirio-er et de . 0 centraliser l'action syudicale ouvriére intérieure et de se tenir en contact perpétuel avec l'étranger. Pour qu'un pareil rôle pùt être efficacement tenu, il eût fallu que les organisations syndicales Yinssent se ranger en masse sous la banniére du secrétariat national. Il n'en fut rien. On lui croyait, d'une part des attaches politiques, et, d'autre part, il convient de le dire, les travailleurs n'étaient pas encore suffisamment organisés et disciplinés pour une action commune. Le secrétariat national n'eut aucune influence. Cependant, la Fédération des Bourses du travail s'était constitucc, de son côté, comprenant dans son sein toutes les Bourses s:ins e;<ception. Elle arrivait trop tard pour que son empire ne lui fùt point disputé par la Fédération 11atio1wle, dont les membres, malgré leur impuissani:;e, n'avaient rien abandonné de leurs espoirs. Il y eut antagonisme; les congres de Marseille et de Paris, tenus en r893 et 1894, firent des efforts désespérés pour aplanir les difficultés et fondre entre elles ces organisations. La tentative échoua. Mais elle fut reprise (estce avec.plus de succés ?) au congrès de 1894, à Limoges, où fut institué le Conseil 11atio11aoluvrier. Les congressistes, par un scr~pule qu'ils croyaient sage, ·se défendirent de vouloir toucher :iux organisations déjà existantes, A chacune d'elles ils faisaient une place au sein de la nouvelle institution ayec des attributions différentes bien definies. A la Fedération des Bourses le soin de poursuivre auprés des pouvoirs publics l'application des décisions prises dans les congres; i la Fédération nationale des syndicats le souci de la propagande des greves partielles; au secrétariat national la préoccupation des relations internationales. Les choses n'allérent pas encore cette fois. Indifférence des uns, mauvais vouloir plus ou moins accentué des autres; c'en fut assez pour compromettre une œuvre en laquelle tant de braves travailleurs avaient cru et qui avait passionné ses organisateurs. Le congrès de Nantes eut pour but principal de tout remettre au creuset et de donner forme nouvelle à l'organisation unitaire rêvée. Les travailleurs étaient venus aprés avoir longtemps mùri leurs votes; les nombreux plans d'organisation déposés sur le bureau du congrès en témoignent. Aussi les résolutions prises furent de beaucoup supérieures à celles de leurs devanciers. Cette fois la Confédération générale du travail était dehout, bien campée. Ce n'était pas un simple changement de titre. La Confédération générale avait un trait distinctif essentiellement caractéristique. Elle admettait dans son sein toutes les organisations corporatives existantes, mais sans leur abandonner la moindre part d'initiative au
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