LA REVUE SOCIALISTE loin de se nuire, se combinent à merveille au contraire et concourent au même but. En résumé l'instauration d'une confédération générale du travail aurait pour résultat de débrouiller et d'unifier les revendications économiques des travailleurs; d'en avancer la réalisation; d'élever le niveau moral des ouvriers en créant en eux la conscience très nette de la responsabilité par une participation plus directe au gouvernement des choses. * * * Voyons seulement si l'idée d'une telle instauration est bien pratique. Les événements se chargent eux-mêmes de la réponse : la Confédération générale du travail n'est pas le rêve d'un réformateur en chambre; elle existe; elle a ses statuts, son siège social; elle est en plein fonctionnement. Oh ! certes, il s'en faut qu'elle ait encore cette puissance d'action que j'imaginais tout à l'heure; il s'en faut qu'on veuille lu'i reconnaître le droit de parler au nom du monde des travailleurs. Elle n'en est pas là encore. Cependant, à chaque congrès elle se développe, grandit. De toutes parts les encouragements, mieux que cela, les adhésions lui parviennent. L'avenir lui sourit. Il n'est pas sans intérêt de la suivre pas à pas dans son évolution heurtée, mais dont la loi est constante : tendre vers l'unité sur le terrain économique. Ce fut au congrès de Lyon, en 1886, que naquit dans l'esprit des délégués ouvriers l'idée de grouper en un faisceau unique les forces syndicales éparses. Ce jour-là, la Fédération11ationaledes syndicats vit le jour. Aucune note discordante ne s'était fait entendre et pourtant elle fut presque aussitôt délaissée que créée par ceux-là même qui lui avaient marqué le plus de tendresse. Les délégués, de leur côté, étaient sans doute mal préparés au rôle nouveau qui leur incombait; ils ne surent point se tenir sur le terrain économique, coquetèrent avec des groupements politiques, ce dont la plupart des syndicats prirent ombrage. La Fédérationnationaledessyndicats ne fut nationale que de nom. Presque sans adhérents, sans ressources, elle traînait une vie si languissante qu'en 1888 on parla, à la Bourse du travail de Paris, de créer la Fédération11atio11adles syndicats, oubliant que déjà elle existait. Les auteurs du projet, mieux renseignés, s'inclinèrent. En 1891, le congrès international de Bruxelles décida la création,
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