154 LA REVUE SOCIALISTE Les syndicats luttent héroïquement mais sans gloire, ils tombent et le sol n'est pas ébranlé de leur chute et le passant à peine détourne la tête. - * * * Conscients de leur faiblesse, il n'est pas surpr_enant que les syndicats aient tenté de se souder les uns aux autres par catégories de métiers. C'C;stun mouvement _qui depuis quelques années s'accentue avec une intensité toujours grandissante. Des quatre coins de l'horizon des voix se font entendre criant aux travailleurs : « Fédérez-vous ». Et les travailleurs se fédèrent au mieux de leurs intérêts d'ailleurs. Certes on ne peut pas apercevoir encore sensiblement l'effet de cette amalgarnation, comme disent les Anglais. Mais, en France, les choses vont vite quand le branle est donné. Les travailleurs ont compris, c'est l'essentiel... Avec les fédérations de métiers, l'action syndicale s'élargit. Les questions professionnelles se dcgagent de ce qu'elles ont de trop technique; elles deviennent un côté de la question sociale, sinon la question sociale elle-même. Les grèves soudaines qu'elles ont le pouvoir de déchainer sur un très grand nombre de points à la fois constituent un danger public assez grave pour mettre en mouvement l'opinion, pour amener le gouvernement à intervenir, et en même temps pour provoquer l'appui moral et financier des travaillei.:rs de tous pays. Voyez les trade-unions anglaises; voyez la grande grèYc soutenue en 1889 par la Doclœr's Union et qui a si profondément remué la Grande-Bretagne, et plus près de nous, aujourd'hui même, la lutte homérique de l'Union des mécaniciens (arnalgamatedengi11eers). * * * Mais combien plus irrésistible la volonté ouvrière, si elle se conjuguait de l'effort de toutes les fédérations, si, appliquant ce principe fccond, de tousponr un et un pour tous, elle était partout et toujours l'expression voulue, réfléchie, organisée, de la pensée générale! Quelle puissance et quelle clarté ! Maintenant les revendications ouvrières ont complètement dépouillé leur caractère professionnel. Elles sont le cri de justice du prolétariat tout entier; elles se résument en quelques articles généraux qui s'imposent à l'attention de tous, parce qu'ils touchent aux intérêts vitaux du pays. Les parlements n'ont plus qu'à tendre l'oreille de ce côté; ils sauront tout de suite et de façon :'t ne s'y plus méprendre ce que veut le peuple, ce peuple que I
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