La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE churc publiée par le parti à cette occasion et intitulée : L'allenlat au droit de ré1tnio11, a été répandue à deux millions d'exemplaires. Tout récemment, le gouYcrnerncnt a essayé une nouvelle attaque dont le but était cette fois le droit de coalition syndical. M. de Posadowsky, secrétaire d'État, enjoignit aux autorités par une circulaire confidentielle de surveiller plus étroitement les comites de grève, afin « d'empêcher les abus » dont les grevistes, parait-il, se rendent coupables envers les entrepreneurs. Une interpellation, adressée à cc sujet au gouvernement, offrit aux orateurs de la droite et du groupe ministériel l'occasion de s'attirer une nrtc correction de nos amis. M. de Posadowsky, à bout d'arguments, après avoir vainement essayé de justifier son intervention en faveur des industriels, s'attaqua au Vorwterls, à cause de son don surprenant de posséder et de publier avant tout autre organe de publicité presque toutes les communications secrètes du ministère de l'intérieur. « De quel droit, lui n:pondit l'orateur socialiste, au nom de quelle vertu parlez-vous d'espionnage? Ignorez-Yous, M. le ministre, qu'il est de votre ressort d'administrer des fo11dssecrets, d'organiser officiellement l'espionnage tant contre l'étranger que contre la classe ouvrière de votre pays? » - Ajoutons, pour l'honneur du parti, que celui-ci n'a nullement besoin d'ac/Jeter ces pièces secrètes; la poste les lui apporte. D'ou? C'est la peut-être le seul secret qu'aucun œil policier ne soit en <'.:tatde découvrir; il faudrait qu'il regardât jusqu'au fond du cœur d'hommes haut placés, mais non dépourvus de tout sentiment de droit et de justice. I I 1 En fait de protection ouvrière, l'année qui vient de s'écouler n'a pas été plus fertile que ses devancières. Il a même fallu à cet égard que les socialistes se fissc1~t les défenseurs de ce qui a été réalisé autrefois. Pour en donner un exemple, nous rappelons la discussion qui a eu lieu tant au Parlement que dans la presse au sujet des mesures restrictives concernant la durée du travail dans les boulangeries. Ces mesures, prises par le Conseil fédéral le 4 mars 1896, limitent le travail des ouvriers boulangers à un maximum de douze heures par jour. C'était peu, mais c'était trop pour la caste des patrons boulangers. Ils rouvrirent de nouveau leur campagne haineuse contre cette législation sociale dont ils se croyaient les plus tristes victimes. Grâce à la propagande ~ncrgique de la fraction socialiste et à l'attitude raisonnable du eentrc, leur campagne n'aboutit pas. Quelques progrès dans le domaine de la législation ouvrière sont t-out de même a enregistrer. La Diète du grand <loché de Hesse a

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