La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE SOCIALISME EN ALLEMAGNE EN 1897 149 adopté une proposition de nos amis, demandant la nomination de deux: inspectrices de fabrique. Dans le grand duché de Weimar on s'est vu obligé d'adjoindre à l'employé-inspecteur une employée-femme. Par des prescriptions datant du 3r mai, le Conseil fédéral a enfin réglé les conditions du travail dans les ateliers de confection, en limitant surtout la durée du travail pour les ouvrières et les jeunes ouvriers, - prescriptions qui furent suivies, le 31 juillet, par la réglementation des conditions du travail dans les imprimeries et les fonderies de caractères. Si le budget de l'Empire ne peut suffire aux: exigences de ceux: qui estiment indispensable une révision de toutes les lois dites ouvrières dans le sens d'une amélioration plus efficace des conditions d'existence, c'est que, aprè; comme avant, le militarisme prend la part du. lion. Nous ne voulons pas fatiguer le lecteur en comparant les sommes dépensées en vue de buts humanitaires et celles employées à des buts barbares. En haut lieu on s'efforce de suiwe fidèlement la tradition du « Grand Frédéric», roi de Prusse au dernier siècle, qui allouait siK mille écus par an aux écoles primaires, dix mille a M. de Voltaire~ mais qui dépensait cinquante millions pour son armée. A part cette ironie de l'histoire qui consiste à nous présenter Guillaume II comme le continuateur d'un roi ami et protecteur du plus grand rebelle que l'Europe ait hébergé, les gouvernants de l'Allemagne moderne voient bien leur image se refléter dans les mœurs régnantes du siècle passé. Jusque-là l'Allemagne n'avait qu'une armée de terre forte et bien disciplinée. Cela ne suffit plus à l'ambition des patriotes de tout acabit. Il faut que les forces maritimes, qui sont plus que suffisantes pour la défense des côtes, soient dévç'loppées à l'infini. Et étant donné que l'immense majorité du peuple est adversaire de toute politique « mondiale », telle que voudrait l'inaugurer le gouvernement de Sa Majesté, on a recours aux moyens les moins justifiables pour demanderla nécessité de construire de nouveaux navires de guerre. La brusquerie de l'Allemagne pour une cause futile envers le gouvernement de Haïti est de date trop récente pour qu'il soit nécessaire d'en parler longuement. Les feuilles socialistes ont été les seule-s à protester avec la plus vive indignation contre un tel procédé, faisant bien ressortir les ·prétentions grotesques de l'Allemagne officielle. Moins nette fut l'attitude de la presse du parti dans l'affaire de l'expédition contre la Chine. Ce coup de force, préparé dans l'ombre par la gent diplomatique et acclamé par la bourgeoisie avide de gain, surpril tout le monde et les socialistes aussi. Il s'écoula quelque temps avant que le Vorwcerts, enregistrant d'abord simplement les incidents de cette entreprise, passât de son indifférence apparente à une opposition catégorique. Entre lui et les feuilles socialistes de province, plus vives d'allure,

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