LA REVUE SOCIALISTE pt'.tt les en empêcher. En revanche, les hommes de confiance sont, par leurs fonctions, tout désignés aux tracasseries de la police. Accepter ces fonctions, c'est se mettre soi-même hors la loi. L'institution pouvait donc devenir dangereuse à tous les points de Yuc:Elle a cependant admirablement réussi; grâce au dcvouemcnt et à l'esprit de sacrifice des ouvriers allemands, on a toujours trouvé parmi eux des hommes assez dévoués pour supporter les énormes inconvénients de cette position, et assez droits, assez honnêtes pour en remplir scrupuleusement tous les devoirs. La réussite de cette institution fait le plus grand honneur à notre parti; elle prouve quels élcments excellents il renferme. Les prcparatifs pour les clcctions ont été complétcs par le choix des candidats. Ceux-ci sont dcsignés par les associations locales là où le parti est assez fort pour YiYrcde sa propre vie, et par le comitc central là où n'existe pas encore de parti socialiste. Il n'y aura pas de circonscription ayant plus d'un candidat socialiste et toute alliance avec les partis bourgeois est absolument interdite. Donc pas de competitions entre socialistes, et là oü un socialiste est élu, il l'est, comme par le passé, uniquement par les voix socialistes. II En raison de la prospérité industrielle relative, la lutte entre le capital et le travail s'est ravivée, surtout sur le terrain économique. L'accroissement du nombre des grevcs et leur issue souvent favorable aux grévistes en est la preuve. Malheureusement pour la cause ouvriere, la plus importante de ces grèves, celle des ouvriers du port de Hambourg, se termina par un échec des travailleurs. Malgré cela, clic restera un signe éclatant de la solidarité croissante entre les prolctaircs allemands et étrangers. Puisque c'était Hambourg qui sollicitait le secours moral et matériel du prolétariat organisé - secours que cette ville avait si souvent accordé à tous les exploités en lutte contre le capital, - on s'empressa de toute part de répondre à l'appel. D'après le bilan du comité de grève la somme des subsides s'éleva à deux millions dix-sept mille francs. Le mouvement syndical marque en général une tendance à s'àccroître. Plusieurs catégories d'ouvriers qui jusque là n'avaient point encore compris la célèbre devise prolétarienne du Manifeste communiste sc sont rcunies ~n syndicats. Parmi elles nous citerons les travail- ·leu rs des chemins de fer qui ont fondé des sociétés dans la plupart des grandes Yilles de la Prusse - fait qui paraît monstrueux aux yeux des patriotards et des fidèles du gouvernement, mais que cc gouvernement lui-même n'a pas pu empêcher. - Le nombre total des ouvriers
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