La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE SOCIALISME EN ALLEMAGNE EN 1897 essayer ses forces, attaquer l'ennemi dans un corps à corps ctroit. Et les occasions à cet égard lui font trop souvent défaut. Il n'a pas les mêmes avantages respectifs que les partis frères en France, en Suisse, en Angleterre, où la somme plus grande des libertés politiques permet à un plus haut degré l'absorption des forces socialistes. En Allemagne, les millions de jeunes recrues, faute de trouver un emploi pratique de leurs forces, en sont généralement réduites, s'adonner aux seules études théoriques, ce qui, à notre époque, où le socialisme est hardiment entré dans la voie des réalisations immédiates, a plus d'inconvénients que d'avantages. • En votant le principe de la participation à la politique active, même là où on doit lutter contre des obstacles autrefois taxes d'insurmontables, le parti socialiste a fait un grand pas en avant. Il vit d'action ; il l'a compris, et cela nous est un gage de ses succcs futurs. Toutefois, jusqu'i ce que la nouvelle orientation tactique ait porté ses fruits sur le champ restreint des élections indirectes ou a deux degrés, c'est le Reichstag qui est et restera le centre autour duquel la lutte socialiste est la plus intense. Nous avons parlé plus haut des préparatifs qui ont été faits en vue des élections générales, qui auront lieu au courant de l'été. Parmi ces préparatifs, il faut citer en premier lieu la formation d'un fonds destiné a subvenir aux frais de la lutte. Ces frais étant considérables, le comité directeur n'a, en bon gérant du parti, employé aux ·dépenses courantes qu'une partie de ses ressources, pendant toute cette période de cinq ans qui nous sépare des dernières élections. Le reste, une somme assez ronde, mais dont il ne nous appartient pas de dire le montant (les partis bourgeois en seraient trop peinés), servira dans le sens indiqué. Ainsi, le nerf de la guerre ne manquera pas au moment décisif. En vue des élections également, le comité central s'est mis en rapport plus étroit avec ce qu'on appelle les hommes de confiance. Expliquons ce mot : Il est interdit aux associations politiques allemandes d'entrer en relation les unes avec les autres. Les partis bourgeois ne tiennent nullement compte de cette prescription et le gouvernement ne les inquiète pas; mais, aussitôt qu'il s'agit de socialistes, la loi est appliquée le plus rigoure:.:sement possible. Ainsi le veut la maxime des deux poids et des deux mesures. Il fallait donc que nos amis trouvassent un biais. Ils l'ont trouvé dans l'institution des hommes de confiance. Ces hommes, nommés par chaque association après le congrès annuel, convoquent les assemblées et correspondent av1x le comité directeur en leur nom personnel et comme s'ils le faisaient de leur propre chef. La loi n'a aucune prise sur eux; ces hommes pourraient empocher les sommes qu'on leur remet, agir contrairement à toutes les instructions de leurs commettants sans que légalement on JO

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