La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

IO LA REVUE SOCIALISTE Je n'oserais affirmer qu'elle répugnera à des populations d'esprit plus égalitaire que nos contemporai1,1s.I_l ~e peut ~ue les générati_ons_a venir trouvent tout naturel que la retnbut1011de 1heure de travail soit )a mème pour tous et qu'elles considèrent ceux qui auraient pu choisir des occupations plus intellectuelles comme déj.'t suffisamment avantagés par l'agrément plus grand qu'ils auraient a s'en acquitter. ~ filais cc qui serait a craindre avec ce système d'cquivalence de toutes les heures de travail, c'est que les travaux vraiment répugnants et dangereux ne fussent pas librement exécutés et que la société fût rcduite, s'ils étaient indispensables, a user de contrainte pour en assurer l'exécution. Le danger serait aussi que les métiers, jugés les moins pénibles, fussent encombrés au détriment des autres et qu'il fallût encore l'intervention de l'autorité sociale pour répartir les individus entre les diverses professions. Afin d'échapper a ces tristes nécessités autoritaires, il faut étudier l'autre solution, qui est peut-être meilleure, quoique plus compliquée, et qui en tout cas a cet immense mérite de ne porter aucune atteinte à la liberté. La justice, telle que nous la concevons, semble exiger que l'heure ait un taux différent suivant les métiers et que ce taux soit proportionnel (qu'on me passe le mot) a la pé,,ibilité de chaque méti~r. Mais comment déterminer cette échelle de pénibililé <lesdifférentes professions ? Pour éviter à ce sujet des discussions sans fin, deux choses sont nécessaires : r0 Une entente entre tous les travailleurs autrement dit une ' ' décision sociale sur le principe d'aprés lequel le taux de l'heure doit être calculé; 2° L'adoption d'un principe qui ne permette pas l'arbitraire, qui agisse à la façon d'un régulateur aut?matiquc. , L'entente sera facile, si le principe proposé a les avantages requis. C'est donc à la recherche de ce principe qu'il faut s'attacher. Un premier procédé s'offre a nous pour mesurer le plus ou moins de complexité, sinon de difficulté, que présentent les différents mét!ers. Il c.onsistc à prendre le nombre moyen des années qu'en dure l apprentissage pour coefficient modifiant le taux de l'heure dans un n~étier do'.1né. !l faut, je suppose, un an pour faire un bon casseur de pierres, dix-hui_t' 1. 10is )~Ourfaire un bon tourneur, deux ans· pour faire u'.1 bon mécamc1cn. L heure de traYail valant I pour le casseur de pierres, vaudra r 1/2 pour le tourneur, 2 pour le mécanicien. Le pro 'd ' d. 1 • ce e, 1sons- e vite, aurait des inconvenients graves. Il y

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