LE RÉGIME SOCIALISTE II a des métiers répugnants ou dangereux, quoique peu difficiles à apprendre, et ·en cc cas il serait injuste de ne pas tenir compte de l'aversion qu'ils inspirent ou du péril qu'ils font courir; et, n'.:ciproquement, telle profession qui exige un dur et long apprentissage peut être douce et aisée i exercer. En cc dernier cas l'effort dépensé à acquérir la pratique du métier est déja compensé par l'agrément relatif qu'on trouve a le pratiquer, et élever aprcs cela le taux de l'heure.:de travail serait conférer un second et inique a,·antagc aux traYaillcurs ayant choisi cc mode d'actiYité. Je ne crois pas qu'on évitt1t de.:cette façon les querelles entre « arts majeurs et arts mineurs » et j'estimL: qu'il faut recourir a un autre procédé. Il me paraît que la pé11ibilité inégale des différentes "professions peut s'évaluer par l'attrait inc.gàl qu'elles exercent sur les membres de la société. Je veux dire que le taux de l'heure de travail doit Yarier d'après la somme de travail offerte. Si pour un métier il se présente un grand nombre d'ouvriers, ce taux baissera. Si au contraire les tra,·ailJcurs s'offrent en petit nombre, cc taux montera. Avec cette méthode point de réglementation· cxtér-icurc, point de discussion possible. Le libre choix des intéressés décide de la hausse ou de la baisse de leur rémunération. Le rapport qui s'établit entre la quantité du tra,·ail :\ faire et le nombre des indi,·idus désireux de le faire modifie automatiquement la valeur de l'heure de travail. Un exemple éclaircira l'emploi du procédé. Soit 15,000,000 le nombre d'heures de tra,·ail social qui est nécessaire pour produire le nombre d'hectolitres de blé pour la subsistance annuelle de la nation; et soit 10,000 le nombre des traYailleurs agricoles qui se présentent pour s'employer à cette production. Les r 5,000,000 d'heures seront également réparties entre ces 10,000 travailleurs, soit r, 500 heures par an pour chacun. Chacune de ces heures de travail d'un travailleur agricole a un . coe!Jicie1d1el valeur do1111é (supérieur, inférieur ou cgal au coefficient de l'heure de travail d'un mineur ou d'un forgeron; nous dirons plus loin la manière de le mesurer) - coefficient déterminé, suivant la formule ci-dessus énoncée, par le rapport existant entre le nombre d'heures de travail nécessaires à la production de l'article considéré et le b i ·11 . , fi' . 1 J . . .. 15,000,000 nom re <es travai eurs qui s o renta e pro lllrc : sott tct --'-'----. 10,000 Cc rapport - le même qui détermine la quantite annuelle d'heures de travail revenant à chaqùe travaiHcur de cette partie - mesure en effet le degré de pé11ibilité de l'heure de travail et par conséquent le coefficieu t de va leur de cette heure. Supposons maintenant qu'au lieu de 10,000 travailleurs agricoles - la quantité de blé à produire restant identique - il ne s'en pn:sente
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