La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

RÉV(JEDESLIVRES 125 Les naturalistes, les biologistes, les pS);chologues (M. Ribot) et les sociologues qui ont étudié l'évolution régressive, ont découvert que ce phénomène obéit à deux lois : la loi de regrès en sens inverse et la loi de l'irréversibilité de la régression. MM. Demoor, Massart et Vandervelde contestent la généralité de la première loi qui n'a pas la portée absolue qu'on veut lui attribuer, l'évolution régressive, dans son mouvemer1;t de recul, ne franchissant pas inévitablement les mêmes étapes que l'évolution progressive. Mais ils acceptent la loi de l'irréversibilité qu'ils formulent à peu près ainsi: JO Une institution ou un organe disparus ne peuvent pas réapparaître; 20 Une institution ou un organe réduits ne peuvent pas reprendre leur fonction primitive ; 3° Une institution ou un organe réduits ne peuvent pas se développer à ·nom·eau et servir à une fonction qu'ils n'exerçaient pas antérieurement. (Ainsi les vestiges de collectivisme archaïque ne reprendront pas force et vigueur sous l'impulsion du collectivisme contemporain.) Quelles sont les causes du regrès ? JO Le défaut de place. - Le développement d'un autre organe enlève à l'organe primitif tout ou partie de l'espace. qu'il occupe. (En sociologie le défaut de place n'est jamais une cause de recul.) 20 Le défaut d'usage. - Ou bien la fonction perd totalement sa raison d'être chez l'individu ou chez l'espèce, ou bien cette fonction est transférée à un autre organe, - à une autre institution. 3° Le défaut de nutrition. - L'organe s'atrophie parce que les organes voisins absorbent toutes les matières élaborées disponibles, - en sociologie, parce que les ressources ne parviennent plus ou pas suffisamment. En dernière analyse, les causes de l'évolution régressive peuvent être ramenées à une seule: la limitation des moyeqs de subsistance (aliments pour les organismes, capitaux et forces de travail pour les sociétés). ADRIEN VEBER. * * * Essai sur la 'protection du salaire ( économie politique et législation cotpparee ), par MAURTCLEAMBERTdo, cteur en droit, avocat à la Cour d' Appel de Montpeflier. Préface de Charles Gide. Paris, Larose, éditeur, 22, rue Soufflot. Les lecteurs de la RevueSocialiste sont familiarisés avec toutes les questions de protection ouvrière. Elles forment le fond d'une grande partie des études parsemées dans sa collection. Et nous avons signalé et très souvent analysé la plupart des ouvrages parus sur la législation du travail, tant en France qu'à l'étranger. Cependant, parmi les travaux comparatifs qui ont vu le jour ces dernières années, l'ouvrage de M. Maurice Lambert mérite une mention spéciale et aussi l'attention de ceux de nos lecteurs qui désireraient posséder une étude d'ensemble sur l'état actuel de toutes les législations. Dans son texte àutant que dans les tableaux synthétiques de la fin du

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