124 LA REVUE SOCIALISTE si les États-Unis d'Europe doi,·ertt surgir un jour, c'est qu'ils auront été préparés par une législation internationale et ensuite cimentés par le triomphe pratique du Socialisme. Et nous pensons que, dans la troisième et dernière partie de l'ou\'rage de M. Vignes, si l'on veut bien l.1isser de côté le patronage sur lequel l'auteur n'a d'ailleurs pas beaucoup d'illusions, si l'on veut laisser de côté les niaiseries du patronage, l'on peut trouver dans le chapitre XIII les premières bases acceptables pour tous de cette législation internationale du travail. M. Vignes n'a d'autre prétention que de raconter des faits et des opinions. C'est entendu ; pourtant il nous semble ne pas rejeter le minimum de salaire et être partisan de la limitation des heures de travail, des assurances contre le chômage, les accidents, les maladies et la vieillesse, et de la reconnaissance légale des syndicats avec toutes ses conséquences : le droit à la grève et le droit pour le syndicat de stipuler pour ses membres, et d'être en toutes circonstances l'intermédiaire naturel entre les ouvriers et le patron. Mais pourquoi en lisant ces pages avons-nous comme une impression de distinctions casuistiques? ADRIEN VEBER. * * * L'Évolution régressive en biologie et en ,sociologie, par Jean DEMOOR, agrégé à l'Université libre de Bruxelles, Jean MASSART, chargé de cours à l'Université libre de Bruxelles, Émile \'ANDERViLDE, professeur à l'Institut des Hautes Études. - 1 vol. in-8. - Félix Alcan, editeur. La 1/ibliolhéquescientifique i11lernalio11alt s'est enrichie cette année d'une œuvre nouvelle qui figurera en bon rang parmi les ouvrages consacrés aux théories transformistes. MM. Demoor et Massart, et notre ami Vandervelde ont su trés clairement coordonner leurs observations respectives, les deux premiers en zoologie et en botanique, Vandervelde en sociologie. Et ainsi, par l'analyse de faits nombreux et variés, ils ont éclairé avec une logique remarquable la connexion des phénomènes biologiques et des phénomènes sociaux. Gnc évolution peut être prog,ressi,·e ou régressive ; mais une transformation progressive est toujours accompagnée d'une modification régressive. Ce ~ont précisément ces faits de modification régressive que nos trois coopérateurs intellectuels se sont ingéniés à découvrir, soit dans un organe à un stade de sa marche vers le progrès, soit dans une institution sociale. Dans l'é\'olution des institutions, comme des organes et des organismes, le regrès, puis souvent la destruction des vieilles structures, sont les conséquences nécessaires du développement des besoins et aménagements nouveaux. L'l'.:,·olution régressive n'a rien d'anormal; elle n'est pas un accident, mais le complément de toute transformation organique ou sociale. De même que tous les organismes portent des organes réduits, de même toutes les sociétés contiennent des sur\'iYances. Par exemple, da.ns le mariage et la famille, que de survivances de formes archaïques!
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