114 LA REVUE SOCIALISTE Le samedi 1er janvier a eu lieu, à Me11101·iHalall, Londres, une conférence nationale des trades-unionistes pour considérer la situation actuelle. Il y avait 198 délégués présents représentant un million et demi de syndiqués et 156 syn• dicats. La conférence avait été convoquée par le conseil des métiers' de Londres; le secrétaire, Mr. Mc Donald, a annoncé que le sous-comité parlementaire exa•' minait en ce moment un plan de fédération de tous les syndicats et que ce plan serait bientôt soumis à la discussion. Après de chaudes félicitations votées aux mécaniciens pour leur opiniâtre et courageuse résistance, Mr. Steadman, conseiller municipal de Londres, a proposé et fait adopter à l'unanimité une résolution par laquelle la conférence recommande une cotisation minima de trois pence (30 centimes) par membre et par semaine. Mr. Steadman a rappelé qu'il existait près de 2 millions d'ouvriers syndiqués en Grande-Bretagne et que, si la moitié seulement souscrivait, on obtiendrait ainsi environ 300,000 francs par semaine. DANEMARK Un loch-out. - L'Association des Forgerons et des Mécaniciens de Copenhague a adressé aux fédérations des travailleurs du fer de tous pays une trés longue circulaire relatant les circonstances dans lesquelles s'est produit le lock-out récent et disant les résultats obtenus par les ouvriers danoi.s. - Voici le résumé de cette importante circulaire d'aprés le Peuple de Bruxelles : Le commencement des hostilités date du mois de janvier dernier, époque à laquelle une soixantaine de nos membres, appartenant à trois petites fabriques d'Aalborg, réclamèrent une légère augmentation de salaire et la réduction de la journée à dix heures. Dans deux de ces établissements quelques concessions furent faites aux ouvriers, mais dans le troisième et plus important, on refusa de donner satisfaction aux mécani• ciens. C était une manœuvre du syndicat des patrons, qui agissait ainsi pour avoir de leur côté un semblant de justice et de droit. Ils voulaient nous obliger à entamer la greve pour nous opposer ensuite le lock-out; mais nous attendions des temps plus pro• pices à la lutte décisive. Alors les patrons inventèrent un autre moyen pour nous obli• gcr â la grève. Ils décrétèrent une nouvelle réglementation des salaires et décidèrent, en outre, de ne plus admettre dans leurs ateliers les ouvriers qui ne pourraient pro• <luire un certificat de leur patron précédent. Lorsque tout fut en ordre, ils appliquèrent la nouvelle réglementation des salaires dans toutes les fabriques de la province et de la capitale. C'ctait le 13 mars. De plus, les. patrons annoncèrent que si le r6 mars suivant les travailleurs des établissements de Aalborg n'avaient pas repris le travail, ils déclareraient un lock-out général. Aucun ouvrier ne réintégra les ateliers de Aalborg et, le 15 mars, les industriels. dcclarèrent le lock-out. Il ne dura pas longtemps toutefois, car le 29 mars les patrons abandonnèrent le combat. Le lock-out n'avait même pas atteint Copenhague, il ne s'étendait que dans la province. La fin des hostilités a été due a ce fait que les travailleurs de Aalborg rèçurent une légère augmentation de salaires - plus importante cependant que celle que les patrons avaient voulu accorder avant le lock-out. De plus, le conseil d'arbitrage décida que la réglementation des salaires édictée par les patrons avait été décidée malgré nous et que pareille mesure ne pouvait être prise sans une entente parfaite et saus notre consentement. Les industriels furent obligés de céder. Tout semblait du meilleur augure, si les fabricants tenaient parole, mais ils ne furent pas fidclcs a la décision- prise en commun. Nous n'avions eu qu'une seule réunion
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