MOUVEMENT SOCIAL II5 avec eux, au ,ôurs de laquelle ils déclarèrent qu'ils réduiraient la journée de travail de dix heures et demie à dix heures et que la réglementation nouvelle des s:,laires serait abolie. Mais eux qui avaient promis, ils furent bientôt parjures, car peu de temps aprës ils réaffichèrent la réglementation dans les mines. Dans la réunion avec les patrons, outre la diminution des heures de travail, nous ~vions réclamé les conditions suivantes : a) Abolition des certificats de travail; b) Le travail a l'heure coi1venu entre les deux parties; c) Que Je fabricant, aussitôt l'accord conclu avec un ouvrier, remettrait it celui-ci un témoignage écrit par lequel il reconnaissait, au cours du travail entrepris, ne pas réclamer à l'ouvrier une main-d'œuvre plus importante et plus éreintante pour le même salaire, ce qui se pratiquait de coutume; d) Qu'un ouwier, au cours du contrat, ne pouvait être renvoyé sans motif et surtout si sa conduite à l'atelier ou son travail ne laissaient rien à désirer. D'autres propositions moins importantes furent émises par nous et les patrons nous promirent de faire sanctionner ces réformes par l'assemblée générale de leur syndicat. Depuis le 29 mars, nous n'avons reçu aucune communication, quoique les industriels aient eu une série d'assemblées générales. • Le 18 mai dernier, 93 ouvriers de troi~ fabriques de Odense se mettaient en grève pour l'augmentation de leu( salaire. A la fin de mai, les patrons nous annoncèrent un nouveau lock-out dans tout le pays, si les grévistes de Odense ne reprenaient pas le travail. Mais les métallurgistes danois refusèrent de plier et de se soumettre, et le 9 juin les industriels jetèrent sur le pavé 2,500 forgerons et mécaniciens. Quelques jours après, c'était le tour des mouleurs, des modeleurs, des manœuvres, des chaudronniers en cuivre, au nombre de 2,500 également. Le 9 juillet, les patrons forgerons et serrurier; de Copenhague renvoyèrent leurs 450 travailleurs. Ce jour-là, les grévistes se chiffraient par 6,300. Cependant notre fédération avait encore 3,000 membres occupés dans des usines qui ne prenaient pas part au lock-out; citons parmi ces établissements les chantiers des navires de fer, la fabrique des wagons de chemins de fer Sca11dia à Randers et les ateliers de chemins de fer de l'État ainsi que quelques petits ateliers secondaires. Le 15 juillet dernier, trois hommes, le premier bourgmestre! de Copenhague, le président du Conseil maritime et commercial, et un membre influent de l'administration communale de la capitale proposèrent la formation d'un conseil d'arbitrage, où les deux parties exposeraient leurs revendications et dans Je but de cesser la lutte, nous acceptâmes, tandis que les patrons refusèrent, déclarant ne pas laisser juger la situation par des hommes incompétents, mais surtout avec l'arrière-pensée de nous réduire par la faim. Enfin, au début de septembre, ces industriels ouvrirent les yeux et furent convaincus qu'ils ne pouvaient dêcidement vaincre la belle résistance des métallurgistes danois. Jls entrèrent en négociations, décrètèrent la fin du lock-out, et Je 13 septembre le travail fut repris. Mais it quelles conditions? Toutes nos revendications, que nous n'avions pu imposer à la réunion du mois de mars, sont à présent admises. Nous avons battu les industriels. lis voulaient anéantir notre organisation; ils ont obtenu un résultat contraire et l'ont faite plus forte, aussi forte que le devait devenir une association qui a lutte trois mois et une semaine, sans qu'un seul_ des vaillants mécaniciens ne désertât le combat. Jusqu'à la fin tous ont été dignes et personne n'a été traître à la caus<"!,quoique Je soutien hebdomadaire ne s'élev:ît pour les ouvriers mariés et faisant partie de la fédération depuis Jouze mois qu'à IS fr. 28 ou I 1 couronnes. Les travailleurs qui .comptent moins d'un an de syndicat recevaient 10 couronnes. Les célibataires étaient payés à raison de 6 ou 7 couronnes, soit 8 fr. 33 à 9 fr. 72. Durant les treize semaines qu'a duré la lutte, les chômeurs n'ont été soutenus que la première qui suivait le lock-out. Des 3,ooo mécaniciens qui continuaient à travailler et versaient une cotisation hebdomadaire de trois couronnes - près de 4 fr. 30 - it peine une centaine ont refusé de payer leur quote-part. C'est donc, en tous points, une belle victoire, car nous avons oblig-é les patrons
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