La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

CHRONIQUE MUSICALE 105 avec Antar. L'air et la scene·· de Rébecca, de C. Franck, n'ont été que médiocrement chantés par M. et Mme Auguez qui ont donné i ces fragments une allure de récitatif ennuyeux qu'ils _sont loin d'avoir; MmeAuguez a été plus goûtée dans les strophes des Scè,,es de ballet, où M. Georges Hüe a déployé sa science de l'instrumentation, sur des rythmes d'une belle originalité. Il va sans dire que Wagner n'est pas abandonné par M. Chevillard : l'ouverture et l'introduction du troisiéme acte de Ta1//lba1ïser; l'ouverture des Maîtres-Chanteurs et plus récemment, au festival populaire du 2 janvier, les Murmures de la Forêt, de Siegfried, la Chevaucbée des Walliyries, déchainent toujours les mêmes applaudissements que naguére. Les concerts du dimanche sont donc, comme par le pass<\ ..toujours suivis par le public parisien; mais ils ont surtout pour but de faire entendre des œuvres musicales qui exigent un orchestre complet, des _chœurs, etc. M. Colonne a pensé qu'on ne devait pas négliger toute une classe de compositions, moins développées, moins « exigeantes» et qui, par conséquent, gagneraient i être entendues dan,s un endroit moins vaste que le Châtelet. Et il a fondé au Nouveau-Théâtre de la rue Blanche des matinées du jeudi auxquelles je ne reproché rien que ... d'avoir lieu dans la journée. Les programmes de ces matinées se di visent en deux parties : musique ancienne (œuvres de Lulli, de Rameau, des vieux clavecinistes exquisement interprétées par M. Diémer, de Bach, Hrendel, Gluck, Mozart, Haydn, Beethoven, \Veber, Rossini même, etc.), et musique moderne (sonates, mélodies, quators, quintettes, etc., de C. Franck, de Saint-Saëns, Schumann, Brahms, Massenet, et tu/li q11a11ti). Cette innovation trés heureuse permet de faire connaissance d'œuvres qui, n'ayant pas leur place marquée dans les grands concerts, sont à peu prés délaissées et oubliées des amateurs. Une entreprise plus restreinte s'est fondée, qui donne ses séances le jeudi, à cinq heures, au théâtr~ de !'Ambigu, avec le concours de MM. Geloso, Schneklud, Monteux, etc. On y exécute principalement de la musique de chambre; et il est à noter qu'à l' Ambigu comme au Nouveau-Théâtre, les prix d'entrée sont des plus modiques. Voila donc deux entreprises éminemment populaires, et qui répondent à un réel _besoin; elles n'ont qu'un tort, je le répéte, c'est de ne pas avoir lieu le soir. Une autre Société qui l'année derniére s'était affirmée bien vivante - et utile - la Société des Petiles Auditions, fondée par M. Herwegh, a, pour son premier concert, donné des œuvres vocales, a capella, de Sweelinck (dix-septiéme siécie), de M. G. Pierné (Yanthis) et de M. Em. Besnard (rondel à cinq voix sur la poésie de Ch. d'Orléans :

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