104 LA REVUE SOCIALISTE cent d'Indy et Gabriel Pierné, ont, un dimanche, fait entendre plusieurs de leurs œu vres; du premier, la trilogie de Wallenstein, dont la premiere partie surtout est connue, était accompagnée du Clair de lu11e, étude dramatique, chantée par Mme Raunay; d'une fantaisie pour hautbois et orchestre sur des chants populaires français, jouée par M. Longy; et du prélude de Fervaal, cite plus haut. De M. Pierné, on a applaudi le Concerto pour piano, les délicieuses musiques de Deux Contes (J. Lorrain), d'Jzeyl, et la saisissante Nuit de Noël dont j'ai parlé longuement, ici même, l'année derniére. Ces deux maîtres, encore jeunes, représentants ·c1e notre éco1e moderne, ont, à mon sens, ceci de commun, qu'ils sont exempts de l'influence allemande, ou plutôt qu'ils n'ont emprunté à l'école wagnérienne que ce qu'il y avait de bon à y prendre. Jamais ils ne tombent dans le pastiche ou l'imitation servile; où ils puisent, c'est dans les vieux airs populaires français, si différents du lied germanique; leur brillante imagination et leur science consommée de l'harmonie et de l'orchestration font le reste. Les œuvres de ces deux grands artistes resteront parmi les plus belles et les plus pures de notre époque, si féconde en nullités, musicales et autres (1). Cependant que M. Lamoureux donnait une série de concerts à Londres, les concerts des Champs-Élysées ont repris sous la direction de M. Camille Chevillard, gendre et successeur (intérimaire) du célebre kapellmeister. L'orchestre n'en est pas moins pour cela exactement le même; quoique M. Geloso ait remplacé M. Capet au pupitre du premier violon; la Société n'a donc pour ainsi dire subi aucune modification; mais les programmes ont, des les premières séances, donné quelques œuvres inédites ou inconnues encore du public parisien : le prélude de Fervaal; Sadlw, tableau musical de Rimsky-Korsakoff; des Scènes de ballet de M. G. Hüe; le 5° Concerto, de M. Saint-Saëns; des fragments de Rébecca, de César Franck; !'Enterrement d'Ophélie, de M. Bourgault-Ducoudray; la Symphonie mut, de Mozart; Antar, de Rimsky-Korsakoff. On voit par cette rapide énumération quelles sont les preférences du nouveau chef d'orchestre; "ce qui ne l'empêche pas de bien conduire lès œuvres du répertoire comme la Symphonie en ré 111i11eur de Schumann donnée aux deux premieres séances, l' Héroïque, de Beethoven, ou Thamar, de Balakireff, dont la réapparition a procuré plus de plaisir à l'auditoire que le Sadko de RimskyKorsakoff; il est vrai que ce dernier a pris derniérement sa revanche (r) Trois auditions de la Dam11a/ionde Faust viennent d'être données au Châtelet; les premieres, dirigées par M. Laporte, sous-chef d'orchestre, avec le concours de M'"" M. Pregi et Auguez, de MM. Cazeneuve, Auguez, etc. Toujours le même enthousiasme accueille l'œuvre de Berlioi.
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