REVUE DES REVUES l'État en matière èconomique est un dogme, i1wite le gouYernement français ù appuyer les revendications formulées par les administrations des mines d'or auprès du gouYcrnement boi:r. Je dis le gouYcrnemcnt fr.111çaisp, arce que l'Allcrn::ignc ne \'ient L\ que pour masquer le Yérit::iblc c::iractère de la tentatiYe préconisée par J\1. Leroy-Beaulieu. Les Allem::inds ne possedcnt pas, en effet, un grand nombre de titres miniers. Grkc à l'organisation de la Bourse de Berlin et au controle plus Yigilant exercé de l'autre côté des \'osgcs sur les déprédations financi..:res, Barn::ito, Hirsch, Gunsbourg, Hélyd'Oisscl et les fauteurs du krach de 1895 ont dù se contenter de ra clicnt..:le française ::issez nombreuse, héhs ! pour se charger des centaines de millions l]UC ces honn0tes banquiers ont jetés ~ur notre marché. C'est donc en France et en [rance seulement que les titres miniers ont eté rép::indus ù profusion; et c'est surtout dans les petites bourses qu'ils ont pris la place des économies métalliques péniblement amassées. Sans doute il y a, dans k monde de b finance, un cert::iin nombre de capitalistes respect::iblcs gui, :iyant pris part à la c:1111p;1g11c de 1895, n'ont pu se débarrasser à temps du stock de titres par eux imprudemment accumulés; c'est même pour cette unique rai~on qu'on YOitse produire des projets d'intervention fr,111ç,1isceomml: celle que :\1. Leroy-Bc:iulieu propose. Le gou,·erncment français renoncerait donc pour quelque temps à b pr::itiquc des doctrines abstentionnistes de l'économie politique et« intcn·icndrait » auprès du président Krüger, pour le presser d'adopter les réformes que demandent lù-b:is, :'1 Joh::inncsburg, les clubs miniers: abandon des redevances perçues par l'tutt boër sur les mines, concession des terrains de dépôts :1ux conseils d'administration, suppression des droits d'octroi et de domnc créés ponr faire bénéficier le territoire de la présence des chercheurs d'or. Et je le répctc, le gou,·erncmcnt français intcn·icndr::iit seul, car les Allemands n'ont pas étc incités p::irleurs journaux et leurs économistes à acheter des titres de mines. Mais le président Krügcr céderait-il aux remontrances de M. Hanotaux? le président Krüger, qui ::idéjà déployé des qualités d'énergie et de vigueur auxquelles le monde entier a rendu hommage, aurait-il montré l'attitude qu'il a eue Yis-à-vis de l'Angleterre, pour se laisser co11Yaincrcet se soumettre sans résistançc aux injonctions d'L,n pays étranger plaidant la cause d'une douzairic d'individus aux portefeuilles bourrés de titres invendables? Si les Boërs refusaient d'écouter nos représentations, oq notre diplomatie essuierait un échec de plus, ou notre marine et notre armée dcHaicnt appuyer son argumentation. Le Transvaal est un petit pays, dont la France aurait facilement raison, et c'est là peut-être cc qui rend si belliqueux des hommes cj'un temperament pacifique comme M. Leroy-Beaulieu.
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