La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE rendre plus régulière et moins coùteuse la main-d'œmTe noire (cela ne scmhlt: rien : « rendre plus rcgulicrc la main-d'œm-rc noire », mais en français dt'.:pouillt'd.:'artifice, cela yeut dire qu'il conYicndrait sans doute de retenir dans le Rand les ou\Tiers négres, qu'un st'.:jourd1. quelques semaines au fond des puits dégoùtc ,\ jamais de la liberté du travailleur européen et qui se sauYent dans leur pays ù toutes j.1mbes, aprcs une courte et unique expérience. On pourrait construire un l'l'gastule ,\ Johannesburg et y enfermer les noir:;, afin de les cmpi:chcr de fuir); mais il faudrait aussi s'occuper de la 111,1in-d'œunc hL111chcqui entre pour cinquante millions de francs, dit-on, dans les dcpcnscs des llltnes. i> Rcgulari~cr L1m.1in-d'œuHe noire et diminuer son salaire, rogner ég.1lement sur le sabire des ouvriers europcens, tout cela permettrait, sans doute, de ré:iliser quelques économies. ~!ais cc n'est pas a,;sez, et le gou,-crnement tr.111s\'a,1liendenait contribuer pour sa part,\ rcduire les îrai~ de production des compagnies obérées. On est lihcral ou on ne l'est pas. li est cbir que, lorsque le dccn:t relatir aux tr,1,·,rnx de !'Exposition exonère les coopcrati,·es ouHières du cautionnement jusqu'ici usitc, le gou,·ernement intervient pour protcger une catégorie d'individus et cela est tout ."1fait co11tr.1ireaux idccs défendues dans l'Éco110111ifsrl1e111cais. Mais au TransY.1al, l'exo111'.:r,1tiodnes ch,1rgcs qui grèvent l\:xpl()itation des mines d'or s'impose. Seulement, le président Krüger ne semble gucre disposé à conceder des aYant.1gcs importants ,\ des compagnies dont les intrigues des :1dministr,1teurs ont mis son pays ù deux doigts de sa perte. Aprcs tout, les mines d'or ,1pp.1rtienne11t ,lllX Boi.:rs et il eùt cté singulier que les ctrangers, pcnctrant de toutes parts sur leur territoire, eussent affiché l'ctrange prctention d'exploiter ces richesses sans rcde\'anccs d'aucune sorte. Les rcde,·anCl'S exist:1ient qu;1nd les sociétés ont sollicité les mines; qu'elles les exploitent sans gaspillage, c'est là l'affaire des propriétaires d'actions, que le Transvaal n'a pas à rembourser de leurs pertes sur son trésor. -Aimi raisonnent les Transvaaliens. Alors, sa,·ez-vous cc que propose M. Leroy-Beaulieu pour mettre fin aux résistances des Boën,? Tout simplement que la France et l'.\llemagu~, ctroitement unies, depuis que l':11liance russe :1 s.rnctionné à Kiel cc rapprochement, « fas~cnt comprendre que les 11:1tionauxfrançais et allemands ont des sommes cnormes engagées dans le p:1ys et qu'ils attendent du gom·erncment bci.:r que ces intérèts soient protégcs, que le d<'.:Ycloppemcntde l'industrie aurifère soit favorise, tant au point de Ytte fiscal qu'à celui des transports, de la législation sur la propriétl'.:,etc. Une démarche en cc sens, de la part des gouvernements franç.1is et allemand, serait trcs opportune. » En d'autres termes, le rédacteur c:11chef de l'Jico110111ifsrtae11çais, pour qui la nrntralitc de

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