La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES RE\'~ES 79 enfin, il est économiste, c'cst-ù-dirc lib<'.:ral,partisan de l'État-borne et il se contente de prescrire au gouYernc111entl'abstention. Or quelques jours a,·ant, ,\1. Lcroy-Jkaulieu, n'.:dacteur en chef de l'f.co11omislferrr11çnis, a\'ait publi(: dans la mème renie, sur les mines d'or, un article <lont je recommande au lcctcur de méditer la conclusion, que je donnerai plus loin. Cet article, je dois le dire tout d'abord, contraste assez étrangement avec ceux que l'honorable professeur du Collège de France a. publiés déjà à maintes reprises sur la. rnème matière. Jusqu'à l'an dernier, r,[. Leroy-Beaulieu <'.:taipt lein de confiance dans l'avenir du Transvaal et la pros périt<'.d:es mines. Il proclamait périodiquement, en entassant chiffres sur é,·aluations et en citant d'innombrables résultats de prospection obtenus, que le rendement aurifère, loin de diminuer, irait augmentant toujours. Je me rappelle notamment, car je n'ai pas les numéros sous la main, deux articles sur le bim1:tallismc oü il foudroyait les partisans de 1'1:talond'argent, en leur montrant triomphalement l'extraction grandissante du m.'.:taljaune, bientôt destiné ù compenser en quelque sorte le stock de métal blanc ch:1ss1:de la circulation internationale par la suppression de la frappe en 18ï3. Aceux qui croient- et nous sommes de ceux-l:1- que l:i n'.:habilitation du mbal blanc serait de nature à enrayer la dèpression des échanges certainement comprimés par la rarUaction monétaire partielle provenant du retrait de la masse de milliards d'argent disqualifiés par la mesure de l'union latine, r-LLeroy-Beaulieu rèpondait en calculantqu'a,·ant vingt ans, cette m:issc de métal blanc serait remplacée par le métal jaune du Transvaal, infiniment supèrieur à l'argent comme medium circulant. Et comme on manifestait des craintes, qu'on semblait redouter de voir l'épargne française s'engager sur des rnlcurs qu'elle ne pouYait ni apprécier ni contrôler, l'f.co110111iste fais:iit miroiter les bénéfices immenses que les mines étaient appcl1:cs ù réaliser, si bien qu'aprés la lecture d'articles pareils, un abonné de l'Eco11vmisle, confiant dans la sagacité financiérc autant qu'économiquc du rédacteur en chef de cette revue, dcYait l'.:tretenté, s'il en anit les moyens, de participer aux affriolants profits du Rand. Pendant cc temps, nous dénoncions, dans la presse et clans le Parlement, le complot ourdi par les écumeurs financiers contre l'épargne française. Ce n'est pas que tout fùt inexact, dans les faits invoqués pour jùstifier les dithyrambes de ~1. Leroy-Beaulieu. Certainement, il y a de l'or, beaucoup d'or au Transvaal : mais ce n'était pas pour en faire profiter les gobeurs français, abonnés de I' Economiste ou du Figaro, que les Anglais s'étaient pr~cipités sur l'Afrique australe à la recherche des fructueux filons. Il s'était passé la-bas cc qui se produit toujours, quand une richesse nouvelle est découverte, un gisement quelconque

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