LA RE\.UE SOCIALISTE Il est nécessaire que le pays ait un trésor de guerre représenté par l'encaisse métallique de la Banque. Mais la Banque de France n'a pas mis l'or de ses caisses au service de la nation en 1870. Ici ViYiani, dans un des passages les plus passionnés et les plus beaux de son discours, raconte en termes indignés la conduite coupable de la Banque à cette époque, forçant la France à emprunter à l'étranger au taux de 7 r/2 °/ 0 distribuant cette année-là 30 °/o de dividende.« Ah! même « devant la mort, même <leYant la mutilation <le la patrie, même alors « l'usure, l'usure capitaliste a conser\'é ses droits. » L'orateur socialiste examine ensuite les diYcrscs réformes et améliorations énumérées dans le projet gounrncmcntal. Il ct1 prou\'e l'insuffisance en montrant qu'à l'étranger le régime de la Banque est différent et que nulle autre part on n'est :1L1ssidélicat et hicnYeillant à l'égard des puissances financieres. Le credit agricole, dont on parle beaucoup et que l'on ne réalise jamais, devait être une conséquence des nou\'elles mesures imposées .i. la Banque pour prix du renouvellement de son privilegc. Le projet de l\1. Cochcry emprunte ,10 millions. Il les met dans uuc caisse, et joint à cette.somme la rcdc\'ancc annuelle de 3 millions que la Banque devra payer à l'ttat. AYec cc maigre pécule, créera+on autre chose qu'une apparence de Banque agricole? surtout qu'ici l'escompte commercial à quatrc-Yingt-dix jours n'est plus applicable. « Voilà vingt ans que Yous apportez vos promesses et que vous << surexcitez les plus légitimes espérances. Aujourd'hui l'heure est « venue et naturellement clic coïncide pour vous a\·cc l'heure de la << banq ucroute. « De toutes les promesses que vous ayez semées à traYcrs les << sillons, aucune n'a germé, aucune n'est devenue une réalité Yi\'antc << et palpable! Et je remercie l'ironie des événements qui a permis << à cc cabinet, en prolongeant son existence, de prendre part à la << discussion actuelle, car enfin la vérite eclatc devant tous et chacun << reconnaît dans le chd de cc cabinet, au lieu du defcnscur intraitable « des droits de l'agriculture, cc qu'il est, cc qu'il restera désormais.: << Le Sy11dicde la fnillile ngricùle ! » Nous n'ayons pu, on le comprend, indiquer que les points les plus importants de l'argumentation de Viviani; d'ailleurs nos lecteurs en ont cu,dans les numéros d'avril et de mai 1897,laprimcur dans les deux remarquables articles que le jeune député a publiés ici même. Nous suivrons, le mois prochain, la discussion des objections faites à la thesc socialiste. La Chambre a interrompu ces débats de haute théorie pour les discussions d'un ordre différent. M. Georges Berry a interpellé le gouvernement ( 29 mai) sur les responsabilités encourues dans l'incendie du
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