LA QUESTION SOCIALE DE\"A~T LES CORPS ELUS Ï-15 l'escompte des papiers commerciaux et de payer en billets, c'est condamner cette Banque ù faire fortune, puisque on peut, presque sans risq11es et sans capital de roulement, pn;lc\-cr sur le commerce Llll bènèficc certain. Aussi les actions de la Banque de francc qui avaient, ù l'origine, une rnleur nominale de r,ooo francs, \'aient actuellement 3,650 francs et ont Yalu jusqn'à-1,000 et ù ï,ooofrancs. En rcnou,·clant le pri\'ilège pour Yingt-trois ans, c'est donc un bènèficc certain que l'on concède à la Banque, et cc bènèfice peut être èvaluè, d'après le dividende annuel attribuè aux actions, ;\ la jolie somme d'un de.rnimilliard. L'opèr,ition est donc très aYantagcuse pour les actionnaires; ces actionnaires sont inutiles, ainsi que le capital primitivement Ycrsè par eux. En eflct, cc capital s'èlc\'e :'t 182 millions pour 15 milliards d'opèrations. On dit que cc capital sert :'t counir les risques et à garantir les valeurs commerciales qui pourraient rester irnp:1yèes :'t l'èchéance. Or les effl'ts en souffrance, pendant l'annèe 1896, ont :'t peine dèpassè un million et <l'autre part le compte-rendu de l'assemblée gènèralc des actionnaires affirme « que cette somme reprèsente « des cré:inces dont la rcntrèc est à peu prcs certaine ». Si mC:me on calculait sur un million de pertes par an, le total scrait pour vingt-trois ans 23 millions de pertes contre 500 millions de bèncficcs. L'État crèc donc la prospèritè de la Banqul'. filais quand une crise survient, la Banque ne se suffit plus :'t elle-même : il faut que l'État vienne à son aide, en dècrètant le cours forcé des billets. \ïvant de la force qu'clk emprunte i l'État, la Banque ne fait pas crèdit au commerce, comme on k dit; au contraire, c'est le commerce qui fait crèdit à la Banque. « Tandis que le billet escompté est une valeur « rècllc crèèe par le commerçant, le billet payabk à \'UC est une « Yaleur fiduciaire qui n'a rien coùté à la Banque ». Cc qui garantit ce billet de banque, ce n'est pas le capital de garantie, cc n'est mC:mc pas l'encaisse mètallique, puisque la circulation fiduciaire est bien supérieure :'t l'encaisse, c'est pour le surplus le portefeuille commercial - de sorte que le commerce se fait crédit à lui-même« à ,travers la « Banque, établissement passif et subalterne ». D'autre part, la Banque a-t-elle rendu des services éclatants? Elle a cn'.:é des succursales, cc qui a montr.'.: le chiffre de ses affaires et de ses bènéfices; elle a, dit-on, abaisse le taux de l'escompte à 2 °/o- Cet abaissement ne dépend point d'une volonté individuelle, mais de l'état de la place. De plus, en maintenant la troisiéme signatL1re, elle impose au négociant la nècessité de passer par un banquier intermédiaire qui exigera r, 2, 3, 4 °/ode commission de sorte qu'en définitive le taux rèel de l'escompte est :'t 4 ou 5 °/o- - Nous sommes donc inféricursâ l'Angleterre, ca1:la Banque d'Angleterre fait l'escompte à 2 r/ 2 °/o sans troisieme signature.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==