744 LA REVUE SOCIALISTE Le gom·ernement a répondu que lorsque <les faits paraissant tomber sous l'application du décret-loi de 1848 lui étaient signalés, « ces faits etaicnt soumis aux tribunaux». Lc:s tribunaux sont seul~ compétents pour apprecicr si la loi est applicable à un cas déterminé. Cette fuite du gouvernement amena \'aillant à la tribune, qui montra bien d'abord que les inspecteurs du travail ne mettaient aucun zèle à L1 recherche des infractions au decret de 1848, et que d'autre part L1 plupart des prescriptions relatiYes :\. l'hygiéne des ateliers restaient, comme tant d'autres textes de loi, :\. l'état d'ornements <le bibliothèque, c'est-à-dire sans aucune influence sur la réalitc. Le 21 mai, Dejeante a dépose sa proposition tendant à allouer LÙ1c somme de IOo,ooo francs aux \'ictirnes du chômage de la Grand'- Combe : l'urgence a etc déclarce. Mais, :\.la date où nous écrivons, le projet de loi n'a pas encore étc discuté. L'éYcncment le plus intcressant du mois de mai a etc le commencement de la discussion sur le projet de renou\'ellement du pri\·ilège de la Banque de France. On sait avec quel talent Viviani a pris la parole au nom du parti socialiste. Le jeune dcputé de Paris a\·ait souvent soule,·é l'approbation et même l'admiration de ses collègues, {1rnis jamais il n'avait fait \'aloir avec tant de succes 1; souplesse vigoureuse et la verve juvénile de sa parole. Viviani, en effet, outre la solide documentation, l'ctude du sujet, l'babilete dans l'art de prcsenter les arguments, a une allure :\. la fois ardente et malicieuse, une passion militante et moqueuse en même temps. Il fait mauYais être parmi ses adYersaires, - contre lesquels il trouYe des mots dont la pointe pcnetre et cuit. En abordant son sujet, l'orateur socialiste montre bien que la question de la Banque de France n'intéresse que ceux qui possédent quelque chose et que par suite, même restituce a la nation, elle n'aura jamais par sa seule vertu la puissance d'cmanciper les salariés, « ces « innombrables tra\'aillcurs qui, de leur substance et de leur labeur, « forment la proprictc des autres sans aYoir acquis une parcelle de « propriétc >>. Les intcrêts du petit commerce, de la petite culture, de la petite industrie sont seuls intcresscs au régime de la Banque de France. La these de l'orateur consiste en ceci : l'État ne doit point renouveler pour \'ingt-trois ans, comme on le propose, le privilège antérieurement conCl'.:dc à la Banque de France d'cmettre du papier monnaie ; il doit crcer une Banque d'État qui émettra des billets et fera l'escompte à bon marché. Y,n effet, le droit d'emettre des billets est, comme celui de battre monnaie, un droit régalien, c'est-à-dire inhcrent à la puissance ~ouYerainc. Du reste, conceder à une Banque le droit de faire
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