LA QUESTIO::--' SOCIALE DE\"A~T LES CURPS ÜC'S Ï43 LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS La rentrée des Chambres s'est faite k 18 mai. M. Brisson a ouvert la session par un discours remarqué dans lequel il a caractc'.:risé en termes énergiques le molochismc cruel de cc Dieu de bonté, de douceur et de justice qui punit les coupables en brûlant les .innocents. Cette vieille thforic barbare de l'holocauste s'est réfugiée dans le dogme catholique, dont l'histoire dans le cours des sic'.:clcsexhale une odeur de chair rôtie, odeur agréable, paraît-il, au Dieu « d'esprit et de vérité)>. Il est vrai que M. de Mun, absent, a répondu par une protestation épistolaire qui s'étale, à côté des placards diffamatoires à l'adresse de M. Brisson, sur les murs de la plupart des communes de France. Le cuir clérical s'est déshabitué des coups, il devient trc'.:schatouilleux; signe certain d'un n:veil qui apparaîtra bientôt dans tout son danger. Dés le 22 mai, les interpellations commençaient. M. Gauthier de Clagny, en posant une question au gouvernement au sujet de la conduite de notre politique extérieure, fournissait au ministre des affaires étrangéres une nouvelle occasion de donner la mesure de son insuffisance toute académique. Le morceau de prose ministérielle, dont la lecture termine habituellement les discussions de cc genre, brille d'un éclat modeste et figurera sans danger pour leur gloire à côté des écrits de MM. Rousset, Camille Doucet et autres, dont on pourrait dire avec Voltaire : Sacrés ils sont, car personne n'y touche. Dans la même séance, le député Renou, ouvrier tailleur de pierres, et qui ne se pique guére de beau langage académique, a soutenu en termes mesurés et dignes une interpellation rclatiYc à la non application des « lois ouvriéres ». Son argumentation a surtout porté sur la non application du dccret-loi de 1848 qui abo!ït le marchandage. Renou cite, à l'appui de son argumentation, un grand nombre de documents pris sur le vif et qu'il a présentés en bon ordre.
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