La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES REVUES ï-P ment en revue toutes les questions de morale sociak que sonlL·vc cette grande notion de patrie ... Il la justifie contre les diverses écoles qui l'ont contestée, et particuliércmcnt contre les socialistes. » Du livre, nous ne connaissons encore qu'un chapitre publié par la RE\'CE POLITIQUE ET PARLEME~TAIRE (numéro du 10 mai) sous cc titreL'J11tcmatio1u1lis111ecll'idée dr patrie. Cc chapitre nous semble avoir été choisi ù dessein par l'auteur comme le plus caractéristique. S'il n'est point un résumé de l'ounage, il semble en Youloir indiquer nettement et l'esprit général et les conclusions. L'auteur y examine plus particuliércrncnt les thforics socialistes en cc qui concerne le patriotisme. li expose et discute; appliquons :\ ses idées b m0mc méthode. M. Legrand est, au moins d'apparence, un modéré. Pour défendre la notion de patrie, au prestige dl: laquelle nuit, selon lui, le socialisme, il a dédaigné l'emphase. Il néglige les épithétcs sonores et les métaphores ,·icillies. Son patriotisme n'est point sentimental. 11 n'est pas de ceux qui suiYcnt les tambours. C'est un idéologue positif et un peu froid. La dialectique lui suffit; le~ raisons qu'il nous fournit sont d'ordre philosophique ou historique; YoiL'tau moins une commodité pour la discussion. Le mot « internationalisme » est pour I\1. Legrand une étiquette commode en cc qu'elle lui permet, nous dit-il, de grouper sous le mêu1e chef les anarchistes et ceux des socialistes gui se déclarent ennemis du patriotisme et en rnème temps de ranger:\ part tous ceux des sectateurs de cetté derniére école gui ont cependant la prétention d'être toujours regardés comme patriotes. La phrase est peut ètrc un peu ambiguë, mais l'cxplic:1tio11 vient plus_ loin. ?\!. Legrand n'ignore pas qu'il est des socialistes gui, en demeurant patriotes, entendent 0tre internationalistes; mais ccb, pour lui, est une contradiction, une « équi\·ogue )). « On ne peut sur ce point, dit-il, que donner acte des bonnes paroles et des bonnes intentions. Rien n'est plus agréable que de.les recueillir et d'y croire. Nous ne demandons pas mieux que de saluer comme des patriotes tous ceux qui déclareront l'être, et cela sans contrôler leur déclaration, sans même nous assurer si elle est en accord a,'cc l'ensemble de leurs principes. )) - C'est une grande bienYeillance, mais l'ironie en est un peu lourde, car ;\. l:i page suivante nous lisons : ·« La haine de hl patrie n'est pas seulement dans certains écrits et certains actes; clic est malheureusement dans la logique même de la théorie socialiste >). - Ainsi, frappons-nous la poitrin·e: il nous est interdit d'aimer notre pays; la grùce nous est refµsée : nous sommes socialistes. - « Le fond de cette théo-

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